carte de la Guadeloupe

Dans tout pays démocratique, le débat est nécessaire, voire salutaire. Chacun peut et doit développer sa vision des choses et argumenter. 

Qui a tort qui a raison ? Personne ne sait à priori. Ce sont les faits qui vous donnent tort ou raison.

Ainsi, quand le CIPPA dit que le développement de la Guadeloupe doit se baser sur la Conquête du Marché Intérieur et une économie de production, d’autres  considèrent que le développement de la Guadeloupe doit être basé sur le tourisme de masse avec ce fameux slogan : “1 MILLION DE TOURISTES et 1 MILLIARD DE CHIFFRE D’AFFAIRES”.

En 2020, l’actualité montre avec l’épidémie du Covid, la fragilité d’une telle orientation et le caractère dangereux d’une économie basée, presque exclusivement sur le tourisme de masse.

FRAGILE ET DANGEREUX : 

Depuis plusieurs mois, l’épidémie ravage la plupart des pays pourvoyeurs de touristes. Dans les pays d’accueil, les hôtels et restaurants ferment et les personnels sont mis au chômage.

Les choses ne font que s’aggraver. Depuis quelques jours, avec l’apparition d’une variante du virus, les frontières de l’Europe continentale sont fermées aux résidents venant des Îles britanniques.

Et c’est dans ce contexte délétère et mortifère, que le forcing est fait par les autorités françaises et les chaînes hôtelières pour faire rentrer chez nous, coûte que coûte,  des touristes venant d’Europe. 

QUITTE À SACRIFIER LA POPULATION DE LA GUADELOUPE, notamment, les plus fragiles d’entre nous.

Soyons clairs : nous ne  sommes pas contre  le tourisme, car le tourisme crée des emplois et surtout peut améliorer la balance des paiements  (exportations invisibles)  de la Guadeloupe. 

Mais pas n’importe quel tourisme ! Non au tourisme de masse, oui à un tourisme raisonnable et maîtrisé.

Dans cette période charnière, la Guadeloupe doit imaginer son propre modèle de développement et ce modèle ne peut pas être imaginé dans les cabinets d’experts européens.

Et pour cela, la Guadeloupe doit redevenir ce que la géographie a fait d’elle.

La GUADELOUPE EST UN ARCHIPEL COMPOSÉ DE 6 ÎLES HABITÉES : la Basse-Terre, la Grande-Terre, Marie-Galante, la Désirade, Terre-de-Haut, Terre-de-Bas et de plusieurs îlots inhabités comme Petite-Terre. La Guadeloupe est à 7 000 kilomètres des pays membres de l’Union Européenne, dont elle est rattachée juridiquement.

Voilà une réalité ! 

Cependant, les moyens de transports rapides (l’avion prend huit 8 heures, pour faire le trajet Pointe-Pitre/Paris et les bateaux, de plus en plus rapides,  qui nous amènent les containers font la traversée en  moins de 8 jours prêts à nous déverser leurs marchandises).

D’autre part, le coût du fret a considérablement baissé, il rentre dans moins de 15% de la valeur des marchandises (rapport du Sénat en 2009).

Et malgré cela, les eurocrates disent que le plus grand handicap de la Guadeloupe c’est l’éloignement (du continent européen). Argument que répètent comme des perroquets  la plupart des élus.

Alors, ils font tout pour abolir les distances : les porte-conteneurs sont de plus en plus gros, et la piste de l’aéroport international est aménagée pour faire venir des avions cargos porteurs de denrées périssables. Il existe même un Programme à l’Insularité et à l’Éloignement concocté à Bruxelles….

NON, L’ARCHIPEL DE LA GUADELOUPE NE DOIT PAS ÊTRE LA BANLIEUE  DE PARIS.

Commençons par rapprocher les îles de l’archipel entre elles, afin que  nos îles de l’archipel ne souffrent pas de l’éloignement…entre elles…

Faisons en sorte, que la vie ne soit pas plus chère à Grand-Bourg qu’à  Pointe-à-Pitre. À la Désirade qu’à Saint-François, qu’aux Saintes qu’à Basse-Terre.
Rendons nos îles complémentaires et solidaires. 
Faisons en sorte que Marie-Galante redevienne un des greniers de la Guadeloupe. 
Faisons en sorte, que les Saintes et la Désirade nous fournissent du poisson en remplacement du poisson importé.
Faisons en sorte que les petits bras de mer qui nous séparent ne soient pas un obstacle.
Développons le tourisme intérieur, car chaque île est différente, la Basse-Terre est montagneuse et volcanique et la Grande-Terre est plate et calcaire, la Côte-sous-le-Vent est différente de la Côte-au-Vent. La Guadeloupe est riche de sa diversité et de sa biodiversité. 
Développons  les énergies renouvelables, ré-approprions-nous de notre géothermie.
Exploitons les immenses richesses de la mer.
Maîtrisons notre fiscalité.
Enfin, profitons de l’éloignement pour protéger notre production agricole, artisanale et industrielle et aussi nos emplois.

LA VOIE EXISTE IL FAUT L’EMPRUNTER !

   Alain  PLAISIR

   Président du CIPPA

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