Depuis quelques mois est posée la question de la diminution ou de la suppression des soi- disant privilèges  dont les DOM profiteraient.

Parmi eux :

  •  La suppression de la TVA NPR qui bénéficiait aux entreprises. Applicable dans les DOM (Guadeloupe, Martinique et Réunion) elle  a été supprimée le 1er janvier 2019
  • L’abattement fiscal des 30%  a été sérieusement rogné, toujours depuis le 1er janvier 2019
  • Les 40% des fonctionnaires menacés, avec la bénédiction de certains élus.

Pour ce faire, le Pouvoir central, au vu des statistiques de l’INSEE, considère que la vie n’est plus chère que de 30% en  Guadeloupe et en Martinique, par rapport à la France.

D’abord, rien ne nous permet de faire confiance au gouvernement et à ses représentants, spécialistes du trucage des chiffres, des indices et des statistiques.

Ensuite, c’est de la supercherie que de faire croire que ces 40%  avaient été accordés en fonction du coût de la vie. 

Ces 40 % n’étaient pas à l’origine destinés aux fonctionnaires guadeloupéens. Ils constituaient une prime d’incitation en direction des fonctionnaires français pour qu’ils acceptent de postuler pour les Antilles.

Pour comprendre le système de rémunération dans la fonction publique des DOM, il faut faire appel à l’histoire du début de la départementalisation. Ce système s’est construit sur la base de la revendication de l’égalité des droits, laquelle avait un contenu anticolonialiste dans le contexte de la période considérée.

 Rappelons qu’avant la loi de  départementalisation du 19 Mars 1946, il existait un supplément colonial de 65% pour attirer les fonctionnaires métropolitains et cadres dans les colonies.

L’analyse de différents textes pris entre 1947 et 1957 montre que le pouvoir central a tenté de maintenir malgré la départementalisation, une discrimination entre fonctionnaires métropolitains et fonctionnaires autochtones.

 Les procédés n’ont pas manqué pour accorder « une marge supplémentaire » aux fonctionnaires métropolitains, selon l’expression utilisée dans le rapport dit des « dix-huit chefs de service métropolitains » élaboré en Martinique en Avril 1950. Dans ce rapport les dix huit déclaraient : « Nous estimons que, directement ou indirectement, une marge supplémentaire soit établie en faveur du métropolitain dans ces départements ». 

D’où de nombreuses et longues grèves en 1950 et en 1953. Le supplément de rémunération n’a donc pas été octroyé mais arraché par une longue lutte contre la discrimination et pour l’égalité  des droits.

 Aujourd’hui les 40% constituent donc un élément du pouvoir d’achat des fonctionnaires et ils ont raison de refuser qu’on l’ampute

En réalité cette tentative du pouvoir poursuit deux objectifs : réduire les dépenses de l’Etat et faire diversion en présentant les fonctionnaires comme des nantis pour faire oublier les vrais privilégiés, qui sont en Guadeloupe les capitalistes de l’import et les gros planteurs.

Quant à certains élus qui sont des cumulards de mandats politiques grassement rémunérés, qui suivent le gouvernement,  ils devraient avoir la décence de se taire.

Recalculer l’écart du coût de la vie entre la Guadeloupe et la France ne présente pour nous aucun intérêt.

Par contre il nous importe, au CIPPA, de lutter contre la vie chère dans l’Archipel Guadeloupéen

en mobilisant les citoyens pour une fiscalité plus juste et  une diminution des marges de la grande distribution. Ainsi cette baisse du coût de la vie permettrait une augmentation du pouvoir d’achat des plus démunis.

Et alors,  à plus long terme et dans un autre contexte se poserait la question des rémunérations pour l’ensemble de la population.

                                       Alain PLAISIR

                               Président du CIPPA

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