L’ hécatombe routière continue. Le samedi 17 octobre 2020, une jeune femme de 23 ans vient de perdre sa vie sur la route, après bien d’autres. Ces morts sur la route constituent pour certains une série de faits divers, alors qu’il s’agit d’un véritable fléau, qu’il faut combattre et faire reculer. Dès 2011, nous avons alerté le Préfet, responsable de la sécurité routière. Depuis, pratiquement rien n’a été fait pour arrêter le massacre.

Ci-dessous, l’intégralité du courrier

Monsieur le Préfet de Région
Parc de la Préfecture
Rue Lardenoy
97100 Basse-Terre

Objet : INSECURITE ROUTIERE

Les routes de Guadeloupe tuent en moyenne nettement plus qu’ailleurs. Ne croyant à aucune fatalité, nous avons suivi avec beaucoup d’intérêt vos interventions sur le « terrain » sur diverses routes de la Guadeloupe. Ces interventions ont été largement relayées par la presse, et nous nous en félicitons. Ces actions ont en effet l’avantage de sensibiliser un peu plus les habitants. Elles permettent à la fois de sanctionner les automobilistes qui ne respectent pas le code de la route, et jouent un rôle dissuasif. Ici comme ailleurs « la peur du gendarme » garde toute son efficacité.

Cependant nous  avons le regret de ne pas partager votre avis lorsque  vous évoquez comme seules responsables de l’hécatombe les causes suivantes:

– Imprudence des conducteurs, non respect du code de la route, vitesse excessive, alcool au volant…

Ne parler que de la responsabilité des conducteurs permet d’évacuer l’effort indispensable et urgent à faire sur les infrastructures routières.

A titre d’exemple, croyez vous qu’il soit normal que les balustrades des deux ponts situés entre Trois-Rivières et Basse-Terre soient peintes en vert (couleur invisible la nuit), alors qu’il aurait été judicieux qu’elles le soient en blanc ?

Que l’échangeur de Petit-Bourg ne soit pas éclairé ?

Qu’il n’y ait pratiquement  pas de trottoirs pour la circulation des piétons à Sainte-Marie, alors que cette zone est très habitée.

Que les automobilistes venant de l’ancienne route de Goyave soient obligés de couper la nationale (à trois voies, non éclairée) pour se rendre à Basse-Terre ?

L’existence de ces trois voies n’est elle pas déjà un facteur d’accidents ?

Est-il normal que cohabitent sur les routes à quatre voies cyclistes et automobilistes ?

Qui se soucie de l’absence révoltante  de glissières de sécurité aux abords des  nombreux précipices longeant la Départementale 102, route particulièrement fréquentée aux heures de pointe par les automobilistes du Moule, de Saint-François et de Sainte-Anne qui veulent éviter les routes nationales ?

Nous craignons que le « massacre routier » ne continue, hélas, si les autorités de l’Etat et des collectivités locales ne prennent  pas à bras le corps ce problème et ne mettent pas en œuvre les mesures nécessaires pour faire diminuer d’une manière significative, le nombre de morts et de blessés sur nos routes.

Dans l’espoir que vous voudrez bien examiner nos observations et sensibiliser tous les acteurs concernés, nous vous prions de croire, monsieur le Préfet, en l’assurance de notre haute considération.

Le président du CIPPA
Alain Plaisir

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