PROBLÈMES ÉCONOMIQUES RÉELS… 

Avec la crise sanitaire du Covid 19, la crise économique qui était déjà là  (importation en hausse, exportation en baisse, chômage massif, déficits des collectivités…) ne fait que s’aggraver tous les jours. Les indicateurs sont  au rouge. Et la Guadeloupe , qui a déjà un fort déficit structurel est touchée de plein fouet . 

L’Institut d’Emissions des Départements d’Outre Mer le confirme  amplement , en effet l’IEDOM est très pessimiste pour l ‘année à venir. (Tourisme et restauration affichent déjà une perte de 61 millions  d’euros).Les faillites d’entreprises vont arriver bientôt, en Guadeloupe  aussi . 

Par conséquent si l’on veut apporter des solutions réelles à cette situation  catastrophique, il serait bon de penser l’économie dans sa globalité et non,  par une vision parcellaire. 

«Produire et consommer davantage localement» est très souvent  l’affirmation des élus locaux Guadeloupéens en place .Belles paroles mais  qui ne prennent pas en compte la réalité économique globale, à savoir le  poids du libre échange dans le commerce extérieur de la Guadeloupe Les grands trusts capitalistes Français, Européens, ou d’Amérique centrale inondent le marché intérieur Guadeloupéen par des importations massives, ( Cela étant possible par les différents traités et accords économiques  Européens approuvés et ratifiés par l’État Français.) 

Agriculteurs et pêcheurs de Guadeloupe ne peuvent être compétitifs face à  ces gros trusts .Donc dans ce cadre là, cette solution est vouée à l échec! 

«Aller chercher l’argent de l’Europe puisqu’il y en aurait beaucoup» ,  voilà aussi l’autre solution des élus. 

Les fonds structurels Européens interviennent en Guadeloupe depuis  1989…Comment se fait il que la Guadeloupe soit dans un tel état, si  l’argent Européen coulait à flot? 

Les Guadeloupéens seraient ils alors plus bêtes que les autres?  Soyons un peu sérieux avant de parler de «manne» européenne pour nous  sauver de cette crise économique. Ces jours derniers, la Commission  Européenne a même décidé de baisser de 77 millions la POSEI pour les  DOM . On voit toute la générosité de l’Union Européenne.

«Grace à l ‘argent économisé par les Guadeloupéens pendant le  confinement( l’épargne est passée effectivement de 15 à 25%) les banques  créeraient des produits financiers pour ces épargnants. Et ainsi ces banques pourraient venir en aide aux agriculteurs de Guadeloupe .Telle est la  solution de certains économistes locaux 

Bien joli sur du papier cette solution mais totalement fausse. Comment des banques dont le but est de faire des bénéfices, se battraient sur le même  terrain que des gros trusts qui ont déjà le marché? Elles savent d’ avance  que le combat est perdu et ne se lanceront jamais là dedans. Elles font bien plus d’argent sur le dos des gens pauvres en leur proposant  des crédits pour finir les fins de mois douloureuses. Là encore la solution  bancaire est un énorme leurre. 

Quant à la solution «tourisme de masse» pour avoir des recettes ,on peut  dire que ce chemin est barré pour pas mal de temps, à cause de l’épidémie  du covid 19 ( sans parler de la rareté de l’eau dans notre archipel quand on sait qu’un touriste consomme en moyenne 100 litres d’eau par jour et nous ne parlons même pas des dégâts écologiques que cela entraîneraient pour  notre archipel ). 

Pas de solution viable sans la compétence fiscale et douanière dans un  statut politique qui permettent de mettre en place ces nouveaux  instruments. 

Le statut actuel de département français et de région européenne de la  Guadeloupe est un obstacle pour la mise en œuvre du nouvelle politique  économique. 

Voilà pourquoi le CIPPA ,dans son projet alternatif, réclame le statut de  Pays Territoire d’Outre Mer. Cela afin d’avoir un véritable pouvoir  administratif et économique. Pouvant récupérer la totalité de la TVA et  autres taxes (alcools, jeux, droit annuel de navigation), pouvant protéger et conquérir le marché intérieur avec des droits de douane équilibrés,  secteurs par secteurs . 

 Ce nouveau statut serait un véritable progrès social au service de toutes et  tous. 

Tout, bien sûr, ne changerait pas de suite, comme par un coup de baguette  magique…mais c’est la seule voie réaliste et ouvrant de réelles  possibilités…les autres réponses solutions ,comme nous l’avons vu , ne 

sont que des vœux pieux voués à l’échec. Alors vite un sursaut et faisons le bon choix du CIPPA, dans l’année à venir. 

René DATRY ( membre du CIPPA)

Laisser un commentaire