Pour protéger les productions guadeloupéennes et conquérir le marché intérieur, il faut obligatoirement un Tarif douanier Guadeloupéen. 

Ce tarif douanier Guadeloupéen aura un double objectif : 

  • Protéger la production industrielle et agricole de la Guadeloupe et 
  • Procurer des recettes fiscales.
  1. Protéger le marché guadeloupéen contre la concurrence extérieure

Puisque les produits concurrents importés sont moins chers, le principe de base sera de taxer les importations de toutes provenances (hormis celles de la Martinique, il serait d’ailleurs souhaitable que ce pays constitue avec la Guadeloupe un marché commun). Cette taxe serait la compensation entre l’écart de prix existant sur ces importations et les prix fixés sur le marché local.

Les mécanismes que nous allons décrire ont tous le même but : 

  • Assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, notamment par le relèvement du niveau de vie individuel de ceux qui travaillent dans l’agriculture, 
  • Garantir la sécurité des approvisionnements et
  • Assurer des prix raisonnables aux consommateurs.

De ce choix découle le principe de la préférence guadeloupéenne. Ce principe a pour conséquence de régir les échanges avec l’extérieur pour favoriser l’écoulement des produits agricoles guadeloupéens. Cette préférence se fera par une garantie de prix à l’écoulement et une protection aux frontières.

La protection du marché intérieur vis-à-vis de l’extérieur, y compris la France, va s’effectuer l’aide de différents instruments tels les prélèvements et les Droits de Douanes par l’Administration des Douanes.

   –  La Politique des prix 

Dans le contexte actuel, ériger les recettes du marché en source essentielle des revenus des agriculteurs, ne conduit pas forcement à ce que ce revenu soit équitable pour le producteur. Afin que les prix des produits agricoles (dont la pêche) soient suffisamment rémunérateurs, il sera fixé un prix de protection aux frontières. En effet, les prix des producteurs guadeloupéens se situant pratiquement  toujours au-dessus des prix des produits importés.

Très  concrètement, le pouvoir guadeloupéen va fixer pour chaque produit concerné, le prix de protection à la frontière, à un niveau tel que le prix du produit importé par  les centres de distribution, corresponde au prix souhaité sur le marché guadeloupéen. La différence entre ce prix minimum d’importation et le prix d’offre à l’importation sera comblée par la perception d’un prélèvement qui aura pour effet de ramener le prix du produit importé au niveau du prix du marché décidé (et même sensiblement supérieur, si cela s’avère nécessaire).

    – Le Prélèvement sera l’instrument essentiel de protection du marché intérieur. 

Il sera :

       a) Exigible à la frontière dès que sera constaté par les autorités Guadeloupéennes, un écart entre le prix des importations et le prix du marché local.

       b) Variable : contrairement à l’octroi de mer actuellement ou aux droits de douane qui sont stables, les prélèvements vont varier en fonction des écarts de prix qui seront constatés périodiquement par les autorités entre le prix de protection et les prix sur le marché mondial (qui fluctuent au gré de la loi de l’offre et de la demande), et les fluctuations des monnaies.

      c) Spécifique : il ne sera pas, comme l’octroi de mer et l’octroi de mer régional, une taxe calculée sur la valeur, mais sur le poids net du produit importé.

  1. Mobile : il sera calculé sur le produit importé le moins cher.

– Les droits de Douane :

Ils seraient fixés à partir d’un tarif des douanes guadeloupéen qui se substituerait au tarif de Bruxelles.  Dans le domaine agricole, mais aussi dans le domaine industriel, le droit de douane doit être l’élément central du dispositif de protection.

Les droits de douane sont calculés sur la valeur (ad valorem).

Afin de mieux comprendre prenons un exemple : 

Cette aide directe aura pour objet de compenser l’écart existant entre le prix guadeloupéen fixé par les autorités guadeloupéennes et le prix d’achat à l’importation. Ainsi, les conditions d’une vraie préférence guadeloupéenne seraient créées.

Un exemple : le vivaneau importé est vendu 5€ au supermarché et 10€ par le pêcheur, le même mécanisme pourrait permettre de le vendre 7 ou 8€ sur le marché intérieur.

Cette aide directe aura pour objet de compenser l’écart existant entre le prix guadeloupéen fixé par les autorités guadeloupéennes et le prix d’achat à l’importation. Ainsi les conditions d’une vraie préférence guadeloupéenne seraient effectivement créées.

On pourrait multiplier ainsi les exemples dans toutes les productions agricoles où les producteurs de la Guadeloupe sont en mesure de satisfaire le marché intérieur où en tout cas produire un pourcentage nettement supérieur à la production actuelle.

  1. Mettre en place une organisation du marché

L’organisation du marché intérieur devra reposer sur quatre éléments :

  • La fixation annuelle des prix par le pouvoir exécutif guadeloupéen ;
  • La mise en place d’un système d’échanges avec l’extérieur reposant sur le jeu d’une protection aux frontières par l’application de prélèvements variables perçus lors des importations ;
  • Le soutien du marché intérieur basé sur l’obligation pour les collectivités locales (cantines, mais aussi hôpitaux et autres établissements publics) de s’approvisionner en priorité auprès des producteurs guadeloupéens et
  • La création d’un fonds agricole. Ce fonds serait destiné à répartir les compléments de recettes aux agriculteurs victimes de la concurrence extérieure et des calamités naturelles.

Ces garanties de prix et l’assurance d’un débouché pour leurs produits, encourageraient les producteurs agricoles à augmenter leurs productions.

Toute la Guadeloupe y gagnerait. 

Il convient de transposer les mécanismes de la préférence guadeloupéenne pour une politique industrielle. Les droits de douane et le prélèvement se feront sur les mêmes bases (comparaison entre prix mondiaux, européens et guadeloupéens). Le développement industriel se fera à la fois par les entreprises locales ou par des entreprises étrangères obligées de s’installer en Guadeloupe pour être concurrentiel ou avoir accès au marché. 

Il s’agit là d’une politique protectionniste ! Et alors ?

Enfin, l’État autonome de Guadeloupe récupérerait la TVA qui est un impôt payé par le consommateur guadeloupéen.

Nous entendons déjà la première objection. Toutes ces taxes vont augmenter le coût de la vie ! Non globalement, parce qu’elles ne concerneront que les activités de production que la Collectivité Guadeloupéenne aura décidé de promouvoir et parallèlement d’autres taxes seront supprimées pour les matières premières importées nécessaires au développement de cette production.

Dans le détail le prix de certaines marchandises importées vont augmenter, mais c’est « le prix à payer pour » rapatrier une activité de production, lutter contre le chômage, et donner une perspective aux jeunes.

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