Monsieur le Président du Congrès, Mesdames et  Messieurs les élus,

 Vous avez décidé de tenir un Congrès le 27 décembre, c’est-à-dire entre Noël et le jour de l’An, période ou traditionnellement les Guadeloupéens ne sont  pas très attentifs à la chose publique. Est-ce une volonté de prendre des décisions dans la plus grande discrétion?Ou encore une nouvelle manœuvre dilatoire  de votre part, après 30 mois d’indécision qui ne vous ont pas permi de rédiger un projet après le délai de 18 mois que vous avez demandé au Président de la République de l’époque ?

En tout cas, le CIPPA  a décidé de profiter de cette tribune pour donner  son point de vue sur les affaires de la Guadeloupe.

Depuis maintenant plusieurs mois la quasi-totalité des élus présents ici ont décidé d’écarter l’option du changement de statut et de ne  pas en parler ce 27 décembre 2012.

Certains d’entre vous prônent le statut quo, c’est-à-dire le droit commun, comme si les affaires de la Guadeloupe pouvaient être traitées comme en Lozère ou en Aquitaine.

D’autres, guère plus audacieux, sont partisans d’une assemblée unique ou d’une collectivité unique.

Pour résumer,  vous affirmez tous avec force et vous essayez de convaincre la population qu’il faut continuer dans la même voie.

Vous refusez de  prendre en compte la gravité de la situation économique et sociale de la Guadeloupe, vous feignez d’oublier que 60%  des jeunes de notre pays sont sans emplois et sans perspectives. Que le chômage augmente chaque mois pour atteindre aujourd’hui le chiffre vertigineux de 63 000 avec tous les drames humains que cela induit.

Vous faites également semblant d’oublier qu’il a seulement trois ans que des milliers de Guadeloupéens sont descendus dans la rue pour lutter contre la vie chère et la pwofitasyon.

Au plan économique, vous voulez occulter le fait que les cultures traditionnelles : canne et banane sont en voie de disparition, que les importations sont de plus en plus massives et que les activités productives, seules créatrices de richesses ont été éradiquées sous les coups de la concurrence internationale et par le libre-échange qui nous est imposée.

Vous faites semblant d’ignorer, la fermeture de nombreux hôtels et la crise du tourisme.

Vous faites l’éloge de la défiscalisation, en niant que celle-ci a provoqué une spéculation foncière et immobilière et qu’en réalité elle n’est qu’une aubaine fiscale pour les  plus riches, pour la plupart étrangers à la Guadeloupe.

Aujourd’hui, vous voulez vous baser sur le rapport du comité de pilotage du projet de société pour affirmer que le changement de statut n’est pas la préoccupation des Guadeloupéens.

De quels Guadeloupéens s’agit-il, puisque vous avouez vous-même que la participation était très faible lors des réunions des comités communaux, que les syndicats étaient absents, ainsi que la jeunesse ?

Et alors,  vous tirez seuls, sans débat contradictoire,  la  conclusion  que les interventions de ces quelques Guadeloupéens dans les communes de la Guadeloupe étaient la voix du peuple. Pour masquer le fiasco de ces réunions, certains ont comparé le point de vue de ces quelques dizaines de Guadeloupéens à un sondage d’opinion, c’est oublier que le sondage à un caractère scientifique et que dans le cas d’un sondage,  l’échantillon des personnes sondées est représentatif de l’ensemble de la population.

D’ailleurs, le dernier sondage paru sur la question de la gouvernance disait que 40% des Guadeloupéens étaient pour l’autonomie.

Vous avez toujours  refusé   d’examiner les propositions alternatives notamment celles du CIPPA. Vous  affirmez qu’il n’y a pas de salut hors du statut de région ultrapériphérique de l’Union Européenne, pourtant, vous n’avez de cesse de demander des dérogations au droit communautaire : dérogation pour garder l’octroi de mer, dérogation pour le régime fiscal du rhum, participation aux travaux  de l’Organisation des Etats de la Caraïbe etc.

Vous basez le développement de la Guadeloupe sur les seuls transferts sociaux et publics, tout en sachant que ces transferts vont diminuer dans cette période de réduction des dépenses publiques. Résultat, nous vivons une situation de  croissance sans développement.

Vous faites l’éloge de notre intégration à l’Union  Européenne en mettant en évidence les fonds structurels européens, sans parler des contraintes liées à l’application du droit communautaire avec  le principe de la circulation des personnes, des marchandises et des capitaux.

Le CIPPA propose une autre voie, une voie qui permette un développement économique et social harmonieux, autour d’une alternative économique et politique.

Le  CIPPA demande que le pays Guadeloupe partage les compétences avec l’Etat central dans des domaines aussi importants que le régime fiscal et douanier  et que notre pays établisse  de nouveaux rapports avec l’Union Européenne basée sur la coopération et non sur l’intégration. Notre démarche n’est ni idéologique, ni dogmatique, nous pensons que les problèmes économiques de la Guadeloupe sont avant tout des problèmes politiques. Pour rompre avec l’économie coloniale, il faut substituer aux relations verticales entre la Guadeloupe et l’Union Européenne des relations horizontales entre les secteurs de production de la Guadeloupe. La politique de développement de la Guadeloupe doit être basée sur la conquête  du marché intérieur. Considérant que les coûts de production sont plus élevés dans notre pays que sur le marché mondial, nous pensons qu’il faut mettre un terme au libre-échange et au libéralisme sauvage que nous impose l’Europe. Pour cela, il faut une protection aux frontières de la Guadeloupe. Cette protection sera possible grâce un tarif douanier Guadeloupéen.

Nous croyons qu’avancer vers l’autosuffisance alimentaire, organiser une économie auto-centrée, décoloniser nos esprits et notre culture, maîtriser notre fiscalité, aménager notre territoire ne peut se faire dans le statut actuel, ni même avec une collectivité unique dans le cadre de l’article 73 de la constitution.

Le statut actuel, ne permet pas de mettre en œuvre ces nouvelles nouvelles orientations, il faut le changer. C’est pour cette raison que le CIPPA préconise une large autonomie pour la Guadeloupe, dans le cadre de l’article 74 de la Constitution.      

Contact :cippa.gp

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