L’heure de la vérité a sonné !

Après 66 ans de départementalisation, 31 ans de régionalisation et 35 ans d’intégration à l’Union européenne (arrêt Hansen du 10 octobre 1978), la situation économique et sociale de la Guadeloupe n’a jamais été aussi catastrophique et vous en êtes parfaitement conscients :

1 – La production économique régresse tous les jours : le taux de couverture des importations par les exportations n’est que de 6 %.

2 – Un chômage d’une importance dramatique et qui ne cesse de croître (23% de la population active selon le Bureau International du Travail (BIT) dont 60% des moins de 25 ans) et d’engendrer des drames humains quotidiens.

3 – Un environnement particulièrement maltraité par manque d’intérêt de la plupart des élus pour cet aspect de notre vie, illustré par la plaie que constitue le site de la gabarre.

4 – Et pour couronner le tout, l’empoisonnement d’une grande partie de nos terres agricoles, par le chlordécone hier et par l’épandage aérien de pesticides aujourd’hui.

Malgré cette situation catastrophique, Mesdames, Messieurs, vous persistez à vouloir maintenir la Guadeloupe dans le cadre de la départementalisation, alors que le constat est fait, depuis longtemps, que ce statut là est inadapté et qu’on ne peut plus rien en attendre.

Ce n’est pas par hasard qu’a été votée la loi constitutionnelle n° 2003-276 du 28 mars 2003 qui modifie l’article 74 de la Constitution dont l’article 10 est relatif à l’organisation décentralisée de la République.

Ça, c’est l’apport de l’Etat.

Les Guadeloupéens de leur côté, vous ont démontré pendant les 44 jours de mobilisation en 2009 que le pays était au bord de l’explosion. Vous continuez à faire la sourde oreille.

De surcroît, le rapport du groupe de pilotage qui a été élaboré en décembre 2012, en guise de projet, par les deux compatriotes qui en avaient la charge, montre de manière très nette, que les Guadeloupéens ne font pas confiance à la plupart des responsables politiques actuels :

Ce sont en effet plus de 50% du corps électoral qui ne participent plus aux consultations.

Et cette prise de position – qui n’est pas de l’indifférence – va s’amplifier, tant que vous refuserez de dire la vérité aux Guadeloupéens. « Fô zôt arété ba moun bwè dlo mousach pou lèt »

Vous dites que le peuple doit être consulté sur toutes les grandes décisions le concernant mais vous avez choisi depuis quelques temps de continuer à lui imposer une réforme institutionnelle avec trois options:

– Collectivité unique, Assemblée unique, Acte 3 de la Décentralisation – dans le cadre de l’article 73, réforme sur laquelle vous vous chamaillez déjà au point de faire perdre son latin au peuple Guadeloupéen.

Vous avez fixé une réunion du congrès au 15 mars 2013. Pourquoi ne pas mettre également à l’ordre du jour de cette réunion le changement statutaire ?

De quoi avez-vous peur ?

Que la Guadeloupe devienne un P.T.O.M. (Pays et Territoires d’Outre Mer) et bénéficie, comme le souhaite le CIPPA, de la plus large autonomie possible ?

Mais c’est le sens même de l’histoire.

Vous savez comme moi, qu’il existe 26 P.T.O.M. répartis dans le monde entier et rattachés aux 4 puissances européennes que sont le Royaume Uni, les Pays Bas, le Danemark et la France : Est-ce que c’est leur situation économique et sociale, qui vous inspire cette peur viscérale que vous essayez de transmettre aux Guadeloupéens ?

Prenons plutôt quelques exemples :

  •   La Polynésie Française qui est depuis longtemps un Territoire d’Outre Mer (T.O.M.) a négocié et obtenu une large autonomie en 2004 (Loi organique 2004-192 du 27/02/2004). Vous pensez que ce choix est suicidaire ?
  •   ST BARTHELEMY érigée en Collectivité d’Outre Mer (C.O.M.) en 2007 a demandé et obtenu le statut de P.T.O.M. le 1er janvier 2013. Vous pensez que les St Barth se sont trompés ?
  •   SINT-MARTEEN, la voisine de SAINT-MARTIN rattachée aux PAYS-BAS est autonome – et donc PTOM – depuis le 10 octobre 2010. Ses activités économiques, même si elles reposent essentiellement sur le tourisme, se développent à un rythme régulier. Vous pensez qu’ils ont fait un mauvais choix ?Alors, de quoi avez-vous peur ?Par ailleurs, vous savez pertinemment que c’est par le vote d’une loi organique propre à chaque collectivité que la République tient compte des intérêts de chacune d’elle. Et parmi les avantages dont nous allons pouvoir bénéficier, il y aura entre autres, l’instauration de notre propre régime fiscal, élément particulièrement important dans le développement économique qui pourra être mis en œuvre.Enfin, je ne voudrais pas terminer ce propos sans insister sur deux des principales ressources que nous allons devoir exploiter rapidement :Ce sont les énergies renouvelables qui nous permettront de nous libérer du piège des énergies fossiles et de faire du même coup de sérieuses économies d’énergie. Toutes les formes d’énergies renouvelables existent en Guadeloupe. Alors qu’attendons-nous ?L’autre ressource de grande valeur que nous exploiterons c’est notre Zone Economique Exclusive (Z.E.E.) qui regorge de richesses sous marines, comme Alain PLAISIR l’a expliqué avec minutie dans son dernier ouvrage « La Zone Economique Exclusive de la Guadeloupe ».

Voilà, en substance, Mesdames et Messieurs, le langage qu’il faudra dorénavant tenir à nos compatriotes. Des arguments de vérité présentés avec simplicité et pédagogie.

Il faut donc mettre un terme, aujourd’hui même, à ce comportement qui participe à la Fabrication du Consentement de vos collaborateurs et du peuple, comme dirait Noam CHOMSKY le philosophe et critique politique Américain bien connu.

La Démocratie, c’est le « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », alors associons le peuple, dès le début, à cette belle aventure, pour qu’il puisse comprendre, analyser et décider et surtout pour qu’il puisse enfin se réconcilier avec la Politique.

Le Vice Président du CIPPA,
Bernard Banny, Portable 0690 93 38 71

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