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Le 20 janvier 2009, commençait en Guadeloupe, la première grande révolte du XXIème siècle. Cette grève de 44 jours avait pour principal objectif, d’arrêter la dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs et des Guadeloupéens en général
Mais contrairement à ce qui se fait habituellement, les syndicats présents au sein du LKP n’ont pas négocié uniquement sur l’augmentation des bas salaires dans le privé, mais également sur la baisse des prix de produits de première nécessité. Jusqu’à cette mobilisation guadeloupéenne, les syndicats, ici comme ailleurs, négociaient sur l’augmentation des salaires comme seul élément du pouvoir d’achat, bien que les prix constituent l’autre élément pour déterminer le pouvoir d’achat.
La signature du protocole d’accord du 4 mars 2009, est une première dans l’histoire du syndicalisme. L’augmentation des bas salaires et la baisse des prix des produits de première nécessité traduisaient et traduisent encore, une option claire en faveur des plus défavorisé(e)s.
Comment en est-on arrivé là ?
•I- UN DECLENCHEUR : la hausse des prix des carburants.
Pendant des années la Société Anonyme de Raffinerie des Antilles (SARA) avec son actionnaire principal Total, a fait, au mépris de tous, des milliards d’euros de profits sur le dos des automobilistes Antillo-guyanais. Ainsi, alors qu’en 2008, le prix de l’essence diminuait partout dans le monde, la SARA continuait à augmenter ses prix et ses profits en Guyane, Guadeloupe et Martinique. Elle faisait payer pour le traitement des huiles usées (qui n’étaient pas traitées) achetait dans la Caraïbe de l’essence toute raffinée, qu’elle stockait à Sainte-Lucie et vendait au prix fort aux Antilles-Guyane. D’ailleurs la SARA continue à acheter du carburant dans cette zone pour le revendre aux compagnies aériennes.
• Baisse constante du pouvoir d’achat dans la période 2006-2009
1- Evolution du RMI de 2003 à 2008 : perte de pouvoir d’achat de 4 %
Si nous observons l’évolution du RMI on s’aperçoit qu’il a perdu 3,4 % de son pouvoir d’achat depuis 2003. Il en est de même pour d’autres minima sociaux.

En Guadeloupe le taux de pauvreté était de 18,6 % en 2006 avec un seuil de pauvreté fixé à 517 € par mois contre 6.7 en France pour un seuil de pauvreté de 788€. Cela veut dire que 18,6% de Guadeloupéens vivaient avec moins de 517€ par mois. En 20118, il approchait les 20% avec un seuil de 650 euros. En France 900 euros
Depuis la situation n’a cessé de se dégrader, la pauvreté s’étend aussi bien en Guadeloupe .
II. Evolution du chômage.
Le chômage est structurel dans les DOM, il n’est pas lié à la crise mondiale, même si celle-ci l’aggrave. Le chômage est trois fois plus important qu’en France, atteignant plus d’un quart de la population active de chaque département. Le chômage touche particulièrement les jeunes dans les DOM, soit la moitié des actifs (15-24 ans), contre 20% au niveau national.
Selon les statistiques d’Eurostat (2009), le taux de chômage chez les 15-24 ans est de 55 ,7% à la Guadeloupe, de 50% à la Réunion et de 47,8% à la Martinique.
III. UNE VIE CHERE INSUPPORTABLE.
Depuis les mouvements sociaux du 1er trimestre 2009, plusieurs enquêtes ont été effectuées sur les prix en Guadeloupe, dont celle de l’Autorité de la concurrence et du SENAT
1- Les écarts de prix selon les relevés de l’Autorité de la Concurrence (rapport 8/09/2009)
L’Autorité de la Concurrence, saisie par le ministre des DOM, a réalisé en septembre 2009 des relevés comparatifs entre la France et les DOM à partir d’un panier de 100 produits commercialisés en grande surface, essentiellement des produits importés de France.
L’autorité constate : « La première constatation devant être formulée concerne le niveau des écarts ainsi relevés. La médiane des écarts de prix relevés se situe à 65 % en Guadeloupe, 70 % en Martinique et en Guyane.

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