D’abord, ne pas confondre participation aux élections et clientélisme. Dans une démocratie, il est normal qu’il y ait des élections et des candidats pour gérer la cité.
L’Electoralisme est le fait de conditionner toutes ses activités, toute sa vie pour participer aux élections ( voire à toutes les élections) et donc de tout mettre en oeuvre pour être candidat à un mandat électif.
Quant au clientélisme, c’est mettre en place une stratégie pour avoir une clientèle électorale, c’est-à-dire des électeurs captifs, dans un rapport : donnant-donnant .
Donner des petites faveurs à une personne, une famille, une corporation pour s’assurer en échange leurs suffrages lors d’une élection.
Dans un pays colonisé comme la Guadeloupe, rongée par un chômage de masse, ou les perspectives de carrière et d’épanouissement sont limités, la tentation est grande de se lancer dans la carrière politique et de tout faire pour avoir un mandat politique.
Cela peut d’ailleurs expliquer, en grande partie, la pléthore de candidats dans chaque élection et notamment pour les prochaines élections municipales.
Pour ceux que cette démonstration paraitrait abstraite, écoutons ce que disait le maire démissionnaire de Capesterre de Marie-Galante, dans le journal local du 3 janvier :
« … les gens vous voient autrement quand vous avez une fonction électorale, IL Y A TOUJOURS DU MARCHANDAGE. On attend quelque chose de vous. Si vous ne pouvez pas donner satisfaction à l’autre vous devenez une cible. ».
Et elle ajoute : « se sont les personnes pour lesquelles vous avez fait le plus de bien qui sont les premières à vous jeter la pierre »
Ce témoignage courageux, résume le rapport étroit entre clientélisme et électoralisme.
En effet pour celles et ceux qui veulent faire de la politique un métier et une carrière, qui veulent à tout prix être élu, qui sont prêts à vendre leur âme pour être élu (e),.. il faut forcement satisfaire les intérêts particuliers, le plus souvent au détriment de l’intérêt général.
On comprend alors pourquoi de nombreux candidats vous disent en privé : « .. je suis pour l’autonomie, mais je ne vais pas en parler, parce que le peuple ne votera pas pour moi. »
Nous avons même entendu un illustre élu dire : « je suis pour un changement de statut, mais je n’en parle pas, parce que je ne veux pas me suicider politiquement.. ».
D’autres moins cyniques, au lieu de faire un travail d’explication politique, disent : le peuple n’est pas prêt !
Cela s’appelle électoralisme et clientélisme, car ces politiciens conditionnent tout à une réussite personnelle quitte, à sacrifier les intérêts du peuple qu’ ils prétendent défendre.
Dans ces conditions, il ne faut s’étonner du délabrement de la Guadeloupe, après que les grands travaux d’infrastructures, comme le remplacement des canalisations d’eau et le traitement des ordures ménagères aient été sacrifiés sous l’autel des petits arrangements et de la gestion des intérêts privés.

Alain PLAISIR
Président du CIPPA

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