Pointe à Pitre, le 7 avril 2011

Monsieur le Président,

Le Comité d’Initiative pour un Projet Politique Alternatif (CIPPA), respectueux du résultat des élections cantonales partielles des 20 et 27 mars 2011, vous transmet ses sincères félicitations pour votre réélection à la présidence du Conseil Général de Guadeloupe.

Votre réélection à la quasi-unanimité n’a toutefois pu vous faire oublier la grave crise économique et sociale qui touche la Guadeloupe :

  • les productions traditionnelles sont en déclin, voire au bord de la disparition,
  • le chômage atteint des sommets historiques,
  • la délinquance et les violences se banalisent dangereusement.

La diminution drastique des emplois et des transferts publics ainsi que le refus délibéré du gouvernement français de réguler les prix des produits de première nécessité accroissent les inégalités et la fragilisation extrême de notre société.

Cette aggravation des problèmes conjoncturels et la complicité objective entre les exportateurs français et les importateurs guadeloupéens, le libre-échange prôné par l’Union européenne, sont des obstacles structurels au développement économique de la Guadeloupe. Cela explique, en partie, les niveaux exceptionnels d’abstention qui ont caractérisé les élections cantonales.

De manière régulière, plus de la moitié des citoyens de Guadeloupe ne participent même plus aux différents processus électoraux, convaincus que l’échelon politique local n’a tout simplement pas le pouvoir d’agir sur les conditions de vie de chacun.

Face à ce triste constat, la nécessité d’un changement s’impose comme une évidence.

Cependant, au contraire de vos dernières prises de position, le CIPPA considère que le toilettage de nos institutions régionale et départementale en une seule entité unique, bien que rationnel, n’apportera aucune solution aux maux qui frappent le peuple guadeloupéen.

Il apparaît indispensable qu’il s’accompagne, de manière concomitante, d’une modification du statut politique de la Guadeloupe qui lui permette, au sein de la République française, de tenir compte de ses intérêts propres et d’initier une sortie de son état de dépendance économique.

La véritable alternative pour le peuple guadeloupéen ne peut pas se faire dans le cadre de l’article 73.

Puisque vous appelez, Monsieur le Président, à la contribution de chaque citoyen et de chaque composante du corps social dans l’élaboration d’un projet guadeloupéen de société, nous vous adressons notre projet d’évolution statutaire.

Nous espérons que, fidèle à votre réputation d’homme de dialogue, vous prendrez le temps d’en prendre connaissance et d’initier un véritable débat démocratique, sans tabou et sans faux-semblant, permettant à l’ensemble de nos concitoyens de se prononcer pour un projet de société réellement capable d’assurer le bien-être commun.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

 

Le président
Alain PLAISIR

 

Une pensée sur “Lettre ouverte à M. Jacques GILLOT, Président du Conseil Général de Guadeloupe”

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