Je me réjouissais depuis quelque temps de me voir proposer dans les restaurants des frites de patates douces. Je me disais qu’enfin une alternative a l’habituelle frite de pomme de terre, nous était offerte
Non pas, par chauvinisme, mais simplement parce qu’il a un une production de patates douces en Guadeloupe, alors que les pommes de terre sont importées de France ou d’ailleurs. .
C’est fort de cette bonne nouvelle que je me suis décidé d’acheter un paquet de 750 grammes de patates douces dans un supermarché de Basse-Terre. D’autant plus, que je constatais que ces frites de patates douces ressemblaient comme des gouttes d’eau aux frites que j’ai mangées dans les restaurants de la place.
Mais comme j’ai ce reflexe naturel de chercher l’origine des produits, je lis l’étiquette et à ma grande surprise , il y a mentionné… : « conditionné en Belgique pour le compte de Carebout potatoes »
Pourquoi raconter cette anecdote :
• Pour rappeler, une fois de plus, que le fameux mangé lokal, ne veut pas dire manger un produit guadeloupéen
• Ensuite, pour dire encore et encore… que les importateurs et les capitalistes étrangers sont capables de récupérer, toute belle idée pour en faire un objet de profit
• Les initiatives individuelles doivent être encouragées, mais il est clair quelles ont, pour la plupart, peut de chance d’aboutir, si les règles du jeu ne sont pas modifiées.
• Que dans une économie globalisée, les analyses sectorielles, c’est-à-dire, secteur par secteur, entreprise par entreprise ne permettent pas de comprendre le mode de fonctionnement de l’économie dans un système capitaliste libéral, dans un pays qui a gardé les structures coloniales.
• Pour dire enfin, à celles et à ceux qui pensent que la bonne volonté suffit, qu’il n’existe pas de phénomène purement économique, qu’il existe une interdépendance constante et complexe entre la dimension économique et politique.
C’est pour cette raison que le CIPPA, très tôt, a affirmé que pour développer notre économie, il faut une soustraction partielle aux lois du marché. Lois du marché qui ne profitent qu’aux plus puissants.
Bref, il faut un POUVOIR GUADELOUPEEN, pour mettre en place les mécanismes indispensables, parfaitement décrits dans « le Projet d’évolution statutaire de l’Archipel Guadeloupéen « et dans deux ouvrages : Conquête du marché intérieur et la Préférence Guadeloupéenne.
Alain PLAISIR
Président CIPPA

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