Personne raisonnablement ne peut être contre le tourisme.
Mais il y a tourisme et tourisme.
Il faut distinguer l’intérêt des hôteliers et l’intérêt de la Guadeloupe.
Pour les hôteliers, le critère essentiel c’est le taux de remplissage des hôtels. Un taux de remplissage de 100 pour cent est parfait et plus on se rapproche de ce taux là, plus ils ont légitimement raison d’être satisfaits. C’est pour cela qu’ils parlent de chiffre d’affaires.
Pour le pays ou pour le reste de la population, les choses se présentent autrement.
Certes, des hôtels nombreux et remplis créent des emplois et cela est une bonne chose. Mais est ce suffisant ?
Les intérêts des hôteliers ne se confondent pas obligatoirement avec les intérêts du pays.
Pour un pays ce qui est intéressant, c’est l’argent que le touriste laisse dans le pays.
C’est avec cet argent qui circule dans le pays que le citoyen peut consommer et acheter des produits qui viennent de la Guadeloupe, ou de l’extérieur.
Nous disons bien de la GUADELOUPE OU DE L EXTERIEUR.
Donc examinons le problème à partir de ce critère là .
• Imaginons que tout ce que le touriste consomme : nourritures, boissons arrivent de l’extérieur.
• Imaginons encore que tout l’équipement de l’hôtel vient de l’extérieur : des transats sur la plage à l’aménagement des chambres.
• Imaginons toujours que ces hôtels, ou certains d’entre eux appartiennent aux chaines internationales. ( groupe ACCOR, etc.)
Dans ce cas, il devient nécessaire de savoir combien d’argent reste réellement en Guadeloupe.
Faut-il simplement dire, par exemple : 1 million de touristes 1 milliard de chiffre d’affaire ? comme nous l’entendons trop souvent
Pour faire preuve d’un minimum de rigueur, la différence devrait être faite entre l’argent que les touristes dépensent, c’est-à-dire l’argent qui rentre en Guadeloupe et l’argent qui en sort pour acheter la nourriture et l’équipement des hôtels.
Exactement comme le calcul d’une balance commerciale.
Il faudrait aussi appliquer le même raisonnement pour les croisières, et faire la différence entre croisiéristes qui viennent d’ailleurs et croisiéristes guadeloupéens .
Donc calculer le solde entre entrées et sorties, pour déterminer l’apport des croisières pour le pays Guadeloupe.
En poursuivant le même raisonnement on doit également prendre en compte les aides de la Région Guadeloupe aux hôteliers, sous forme de subventions et d’exonérations d ‘octroi de mer.
Rappelons que chaque exonération d’octroi mer constitue un manque à gagner pour les communes, déjà exsangues.
D’une manière globale on devrait parler de SOLDE, c’est –à-dire la différence ente ENTREE et SORTIE.
Dans la rubrique RECETTES, il faudrait incorporer un certain nombre d’éléments directement liés au tourisme et comptabilisés dans les autres rubriques : services divers, importations de marchandises et de biens d’équipements , subventions diverses, exonérations… etc..
C’est ainsi qu’au lieu de parler du chiffre d’affaires du tourisme, les autorités de la Guadeloupe analyseraient la politique touristique avec un regard plus global et allant dans le sens du développement du pays.
C’est dans ces conditions que nous saurions ce que rapporte exactement le tourisme à la Guadeloupe.
En effet, ce qui importe pour les guadeloupéens c’est ce que rapporte réellement le tourisme en termes de création de richesses et d’emplois, dans le cadre d’un développement économique intégré..
Cet examen rigoureux pourrait être la mission d’un observatoire du tourisme indépendant qui publierait des statistiques régulières et fiables.
C’ est à partir de ces statistiques que la Guadeloupe pourrait définir une politique touristique au service du développement.
• Cette autre politique touristique conditionnerait les aides publiques, à l’obligation de se fournir en Guadeloupe pour les denrées alimentaires et autres fournitures , de mettre en place une formation continue en direction des salariés et de recruter de préférence de la main –d’œuvre guadeloupéenne.
C EST AUSSI CELA L ALTERNATIVE QUE PROPOSE LE CIPPA
Alain PLAISIR
Président du CIPPA

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