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 En reconnaissant, dès 2009, en plein mouvement social guadeloupéen que nous étions arrivés à la fin d’un cycle historique en outre-mer et que le statu quo n’était plus possible , le président de la république, Nicolas Sarkozy, demandait à messieurs Lurel et Gillot , respectivement président de la région et président du conseil départemental de lui proposer un projet d’évolution institutionnelle pour la Guadeloupe. Ces deux présidents,  ont demandé 18 mois pour présenter un projet. A l’issue de ces 18 mois, aucun projet n’a été présenté.

Quelques mois plus tard, c’est le premier ministre François Fillon de passage en Guadeloupe, qui demandait aux guadeloupéens de prendre leur autonomie économique.

Là encore aucun élu n’a bougé !

Très récemment, c’est le préfet actuel qui affirmait dans le quotidien local qu’il était pour l’indépendance économique.

Aujourd’hui c’est l’actuel président de la république qui nous propose la différenciation et encore une fois, vous les  élus de la Guadeloupe

 vous tergiversez et  vous semblez vouloir maintenir le statu quo.

Bref, les autorités françaises vous encouragent,  voire même, vous poussent à prendre vos responsabilités.

Pourtant, vous avez l’air d’être les seuls à ne pas mettre en doute ce cadre réglementaire qui produit trois fois plus de chômeurs qu’en France et qui provoque la désespérance de la jeunesse guadeloupéenne.

Vous  gagnez  du temps, vous faites du dilatoire.

La question qui est posée, n’est pas seulement une question politique, c’est également une question de dignité.

 Assumons nos responsabilités comme des adultes.

Lors du dernier congres, il n’a été question que de différenciation et de la fusion des articles 73 et 74, alors que des instruments juridiques existent déjà dans la constitution française et le Traité de Fonctionnement de l’Union européenne.

 Lors de ce congrès du mois de juin 2019, rares sont celles et ceux qui ont posé la question de fond :

 

 Le changement d’institution ou de statut,  pour FAIRE QUOI ?

  • S’agit-il simplement, pour vous élus , de faire plaisir au gouvernement et au président de la république ? .
  • S’agit-il de régler la question de la répartition des compétences entre les différentes collectivités ?
  • S’agit-il de la fusion entre le conseil régional et le conseil départemental ?

Evidemment non ! si c’était le cas, ces minis changements, ne seraient que de simples réformes administratives qui ne régleraient pas les problèmes de la Guadeloupe.

Quel est le problème de fond ?

  • Un chômage massif qui touche près de 60% des jeunes de moins de 25 ans. Chômage qui est responsable de la fuite des jeunes et donc du vieillissement accéléré de la population 
  • Une dépendance accrue pour nourrir la population et satisfaire les besoins les plus primaires
  • Une dépendance financière, donc une dépendance politique . En effet, ne dit on pas,  « qui paie décide ! »

 

 Pour créer des richesses et de nouveaux emplois, pour restaurer la dignité des guadeloupéens, la Guadeloupe, ne peut pas vivre uniquement de transferts publics et de transferts sociaux. La Guadeloupe ne doit pas être simplement un marché de consommation pour les produits extérieurs.

Vous devriez le savoir :

Quand un pays importe,  il y a un triple flux. 

  • Vous faites rentrer des marchandises et vous envoyez de l’argent en échange de ces marchandises. 
  •  Vous créez de l’emploi dans les pays qui vous vendent et vous supprimez de l’emploi chez vous.
  • Les transferts publics se transforment en profits mirobolants pour les exportateurs extérieurs et les gros importateurs installés en Guadeloupe.

C’est la situation actuelle de la  Guadeloupe qui a acheté en 2018, 2milliards 900 millions d’euros de marchandises et qui n’a vendu qu’un peu plus  de 200 millions, à partir surtout de deux produits.

Et encore, la production de sucre et de banane va encore se dégrader avec la fin des quotas et le démantèlement de la Politique Agricole Commune (  PAC), sous l’effet de la mondialisation libérale.

Pour sortir de la dépendance économique, financière et politique, il faut produire. Mais pour produire, cela devient, chaque jour, plus difficile dans le cadre du libre-échange que nous impose notre intégration à l’Union Européenne.

La France et l’UE ont fait le choix du libéralisme. c’est-à-dire , le choix de la compétition entre les entreprises et les hommes dans le cadre de la mondialisation capitaliste.

C est l’UE qui signe les traités internationaux, avec de nombreux pays, pour la France, y compris avec nos voisins de la Caraïbe.

 Dans ces conditions, nous ne pouvons même pas négocier, avec nos voisins  . Ne serait-ce que des accords de pêche .

En faisant l’ analyse de nos rapport avec l’UE,  les élus ne parlent que des bienfaits des fonds structurels européens, sans se rendre compte que l’UE veille méthodiquement, à démanteler les dispositions du droit interne, comme l’octroi de mer.

Le principe du libre-échange  constitue un obstacle structurel à l’émergence des activités productives en Guadeloupe.

Nos parlementaires continuent à faire comme si nous étions dans les années 60, époque où la France pouvait réserver son marché aux DOM.

Ils ne se rendent pas compte que la France a transféré à l’Union Européenne un certain nombre de compétences essentielles 

En effet, l’UE dispose d’une compétence exclusive dans les domaines suivants: [article 3 du traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) :

Pour sortir la Guadeloupe de ce marasme économique, sociale et politique , une voie existe, celle de la conquête progressive du marché intérieur guadeloupéen.

Il ne s’agit pas de basculer dan un protectionniste généralisé, mais d’in verser ponctuellement, produit par produit, service par service, les mécanismes qui ont conduit à la destruction de nos activités de production.

L’octroi de mer, dont les effets pervers sont connus, ne pouvant pas jouer ce rôle, cette protection se ferait à l’aide de droits de douane et de prélèvements.

Le basculement de la Guadeloupe dans la catégorie des PTOM rendra possible une conquête progressive du marché intérieur guadeloupéen, condition nécessaire à la remise au travail de milliers d’inactifs attirés par la délinquance.

Il permettra aussi de donner une préférence à l’emploi pour les citoyens guadeloupéens, de récupérer les richesses du sous sol , comme la géothermie, et les ressources biologiques, minérales et énergétiques de la Zone Economique Exclusive ( ZEE) de la Guadeloupe, de préserver le foncier, de participer aux compétitions sportives internationales organisées par la FIFA et le CIO, d’avoir un hymne et un drapeau.

L’autonomie fiscale permettra à la collectivité autonome de la Guadeloupe de récupérer de nouvelles recettes fiscales, comme la TVA qui est le principal impôt payé par les guadeloupéens, mais dont les recettes alimentent le budget de l’Etat.

La constitution française, dans son article 74 et le Traité de Fonctionnement de l’UE dans son article 198 , permettent ce changement statutaire si nécessaire  pour offrir une perspective à la jeunesse, .

Allons mesdames et messieurs les élus, le pays vous regarde, faites preuve de dignité, d’imagination et d’audace.

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