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Lors de ce congrès, les problèmes de fond n’ont pas été abordés. Le CIPPA, dans son intervention de 5 minutes, à bien essayé de provoquer le débat sur un problème essentiel, voire capital. :LA QUESTION DE LA PRODUCTION et plus globalement, la question de l’économie. Sur cette question, les congressistes en sont restés au stade des banalités pour finalement évacuer la question. Pourtant cette question est fondamentale, car elle conditionne tout le reste, c’est-à-dire la question de l’emploi de la dépendance alimentaire, des flux financiers etc…. et de la POLITIQUE . Quant la question de notre intégration à l’Union Européenne, elle s’est limitée, comme d’habitude, à la question des fonds structurels européennes, comme si des subventions, à elles seules, réglaient la question de l’économie ! Demandons donc à la Grèce ! Il y aura-t-il une agriculture guadeloupéenne dans dix ans ? Il y aura- t-il des paysans guadeloupéens dans 10 ans ? les guadeloupéens vivront-ils d’autres choses que de transferts sociaux dans 10 ans ? Ces questions méritent d’être posées.. Elles n’ont pas été posées, les poser, conduirait inévitablement à répondre à la question d’une Alternative économique et politique, donc à la question du STATUT Depuis quelques temps , des associations organisent des débats sur la souveraineté alimentaire, sous l’auto suffisance alimentaire ..etc. Cela devient presque une mode. Hélas ! chaque année, nous devenons de plus en plus dépendants pour notre approvisionnement. Les faits sont têtus et les chiffres impitoyables. Beaucoup s’ émeuvent, certains font même appel au civisme, voire au patriotisme des Guadeloupéens pour acheter « local » en dépit de l’énorme différence de prix, pour un budget modeste, entre le produit importé et le produit made in Guadeloupe. L’économie n’a que faire des bons sentiments. Le consommateur guadeloupéen, comme n’importe quel consommateur, achète et achètera le produit le moins cher. 

Donc soyons clair, sans mesures efficaces : l’igname guadeloupéen, le vivaneau pêché dans nos eaux, la viande produite en Guadeloupe et toute notre production alimentaire sont condamnés à disparaître à court terme. De plus en plus, le libre échangisme mondial ajouté aux accords préférentiels que l’Union Européenne signe avec de nombreux pays ne feront qu’accentuer le déferlement des produits alimentaires de toute nature et de toute provenance sur la Guadeloupe. Dans tous les cas ces produits seront moins chers. Dire qu’il s’agit de concurrence déloyale ne règle aucun problème. Ni les incantations , ni l’argument de la fatalité, n’apporteront de solutions. Il faut considérer que les coûts de production sont plus élevés en Guadeloupe que sur le marché mondial. 

Pour régler les problèmes d’approvisionnement alimentaire, ainsi que les déficiences en matière de productivité et de structures agricoles, il faut une soustraction partielle aux lois du marché. Pour ce faire, il faut protéger le marché intérieur guadeloupéen contre les importations à bas prix. Cela peut se faire à l’aide de différents instruments qui fonctionnent à l’importation comme un système d’écluses aux frontières de la Guadeloupe. 

Evidemment cela ne peut se faire dans le cadre départemental. Au moment où le débat semble lancer , voilà un beau sujet de réflexion pour les élus et surtout la population : Comment développer la production guadeloupéenne, comment assurer notre sécurité alimentaire, comment créer de la richesse et de l’emploi, QUEL CONTENU DONNER AU CHANGEMENT ? 

Alain PLAISIR 

Président du CIPPA

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