Pendant la période coloniale, l’agriculture avait comme objectif de fournir des produits tropicaux à la « métropole » au détriment des cultures maraichères et de l’élevage. C’est ainsi que dans les années 1920 a été introduite en Guadeloupe la culture de la banane, afin que les européens avides de fruits tropicaux puissent manger des bananes. Pendant que l’élevage et les cultures maraichères étaient progressivement abandonnés, la Guadeloupe était couverte de bananeraies. Nos besoins alimentaires étaient et sont de plus comblés par les importations. Fin 1970, la production de bananes atteint son apogée avec plus de 150 000 tonnes faisant la fortune de certaines familles békés. Malheureusement, ce qui devait arriver arriva.

D’abord la concurrence des pays ACP et des pays de la Zone dollar, et ensuite, pour éradiquer les charançons, les planteurs demandèrent une dérogation pour utiliser un pesticide interdit partout dans le monde. Résultat, des centaines hectares de terres sont polluées par un pesticide le chlordecorne. Et malgré toutes les aides de l’Etat et de plus en plus de la Région, la production atteint péniblement 60 000 tonnes, quand il n’y pas de cyclone comme en 2017, où la production a disparu pendant de nombreux mois. Voilà, ce que cela a donné, une politique basée uniquement sur la satisfaction des besoins extérieurs.

Aujourd’hui, des élus veulent sacrifier la production agricole et la conquête du marché intérieur pour une politique économique basée sur le TOUT TOURISME..Faire venir 1 million de touristes, alors qu’il n’y a pas d’eau pour les habitants, que les déchets ne sont pas traités et que la production agricole, artisanale et industrielle est au plus bas.

Le tourisme ! pourquoi pas ? mais notre économie ne peut pas être basée sur le TOUT TOURISME. Le tourisme comme la banane n’est pas à l’abri de phénomènes que nous ne maitrisons pas : aléas climatiques avec les cyclones, sargasses, tremblements de terre et autres catastrophes, sans compter la concurrence des autres destinations..

C’est à cette aune, qu’il faut comprendre la volonté de certains élus de couvrir la Guadeloupe de Golfs., dont ce fameux GOLF de montagne de Petit bourg sur plus d’une centaine d’hectares de terres agricoles et d’espaces boisés. C’est aussi pour contrer cette mauvaise orientation plus 4 200 citoyens ont déjà signé, en l’espace de quatre semaines une pétition pour dire NON AU GOLF DE MONTAGNE de PETIT-BOURG.

Alain PLAISIR
Président du CIPPA

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