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Depuis l’incendie du CHU, la situation du personnel de l’hôpital ne cesse de se dégrader. Aujourd’hui cette situation est plus que critique. Les premières victimes sont les agents et aussi les malades qui souffrent de cette dégradation du service public. Comme d’autres l’ont fait déjà, le CIPPA pourrait se contenter d’annoncer un soutien sans réserve aux grévistes du CHU. Cela ne coûte rien et cela donne bonne conscience. Néanmoins, une organisation politique se doit de faire une analyse politique en toutes circonstances. 

La situation dramatique du CHU, n’est pas due essentiellement à l’incendie, qui n’a fait que mettre à nu le manque de moyens humains et matériels criant de notre hôpital. Nous constatons que même si la situation n’est pas aussi dramatique qu’en Guadeloupe, ce sont tous les hôpitaux de France qui sont touchés par la vague de mécontentement des personnels. En effet, tous les hôpitaux sont victimes de la politique des différents gouvernements. Les choses ne faisant qu’empirer avec l’actuel locataire de l’Elysée. C’est toute la politique du gouvernement qui est en cause. Cette politique a un nom : le libéralisme. Depuis quelques années, les gouvernements successifs réduisent les dépenses publiques, avec comme cible prioritaire les services publics. 

C’est ainsi, que les lois de financement de la Sécurité sociale programment chaque année une diminution de 2 milliards environ du budget de la branche maladie de la Sécurité sociale ; à l’inverse, la loi de programmation militaire annonce une augmentation annuelle du budget de l’armée. C’est encore le cas, avec les prévisions budgétaires pour 2020, où le budget de l’armée va augmenter de plus de deux milliards. 

Au-delà de l’émotion légitime et les justes revendications des personnels causées par la situation sanitaire en Guadeloupe, il faut comprendre que nous vivons une tentative de changement de société. L’objectif du gouvernement est de supprimer davantage de services, de postes, de lits, et de s’orienter à tout prix vers les soins ambulatoires afin de rentabiliser, de faire des économies et de privatiser. Face à ces grandes manœuvres, nos élus locaux sont impuissants. Les parlementaires sont inaudibles et les deux présidents des collectivités majeures n’ont aucune marge de manœuvre financière, n’ayant aucune compétence en matière fiscale. Un pouvoir guadeloupéen pourrait réduire les dépenses ( suppression de la TVA et de l’octroi de mer sur les médicaments et le matériel médical) et dégager les fonds les plus urgents, en attendant que l’Etat assume ses responsabilités. C’est dans ce contexte, qu’il faut comprendre qu’ il ne s’agit pas seulement d’une affaire entre soignants, syndicats et pouvoirs publics, et de quelques centaines de milliers d’euros. 

C’est une affaire qui concerne tous les citoyens parce qu’elle est éminemment politique . 

Alain PLAISIR

Président du CIPPA

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