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La campagne électorale des législatives de 2017, qui voit un nombre record de candidats s’affronter, se déroule comme si le temps s’était arrêté. On se croirait toujours dans les années 1960. A cette époque, un député avait encore un certain pouvoir, ainsi il pouvait se rendre dans les ministères parisiens et régler quelques problèmes relevant du pouvoir central. En cas de difficultés le député pouvait même demander l’intervention du président de la République. Cette époque est révolue, la situation en France, en Europe et dans le monde a beaucoup changé. Depuis une trentaine d’années, la Guadeloupe est devenue de plus en plus dépendante des transferts publics et sociaux. Les productions d’exportation sont en déclin et les activités de production pour le marché intérieur ont été progressivement éliminées au détriment des importations de plus en plus massives. La relative autonomie fiscale qui existait jusqu’au début des années 80, n’existe plus. Le Conseil général pouvait gérer à sa guise l’octroi de mer. Depuis le conseil régional, qui a pris le relais, doit appliquer une loi dictée par Bruxelles, afin de respecter le droit communautaire européen. Le marché français qui était réservé à l’époque du Général De Gaulle aux exportations guadeloupéennes, ne l’est plus. Le marché français comme le marché européen est ouvert à la concurrence internationale, dans le cadre de la libéralisation du commerce international prônée par l’OMC.

Avec les différents traités européens beaucoup de compétences de la nation française ont été transférées à l’Union Européenne. C’est le cas de la politique commerciale commune, de l’Union douanière, de l’établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur européen, de la conservation des ressources biologiques de la mer et enfin la conclusion d’accords internationaux. La Guadeloupe, n’est propriétaire, ni de sa mer, ni de son sous-sol, ni de sa biodiversité. N’ayant aucune compétence, ni en matière douanière, ni en matière de commerce extérieur, elle ne peut pas intégrer, réellement, son environnement géographique.

À ces conditions structurelles liées à son statut de département et de Région européenne, s’ajoutent une nouvelle conjoncture, encore moins favorable, avec l’élection à la présidence de la république, de monsieur MACRON, chantre du libéralisme, qui a déjà annoncé sa volonté de pousser plus loin l’intégration de l’Union européenne. Ainsi, les centres de décisions vont s’éloigner un peu plus pour les Guadeloupéens. Départementalisation, intégration européenne et par le biais de l’Union européenne, intégration au marché mondial, voilà donc la nouvelle réalité. Malgré la décentralisation, et contrairement aux apparences, les Guadeloupéens ne possèdent aucun pouvoir pour promouvoir un véritable développement économique dans leur pays. Après plus de 70 ans de départementalisation et malgré quelques progrès au niveau social, la situation économique se dégrade, chaque jour un peu plus. Tout le monde peut constater, que malgré les différentes mesures adoptées ces dernières années, comme la défiscalisation, la situation continue à se dégrader. La percée du Front National en Guadeloupe lors des dernières élections présidentielles, la montée de la violence sont des signes palpables de la décomposition de notre société. A n’importe quel moment, nous pouvons assister à une explosion sociale dont on mesure mal les conséquences. La démonstration est faite que la solution au problème de la Guadeloupe n’est pas simplement une question de transferts financiers ou de mesures administratives comme la décentralisation ou la régionalisation. Il est temps d’agir ! Pour enrayer le déclin et offrir une perspective à la jeunesse il faut mettre en place une ALTERNATIVE POLITIQUE. La question statutaire devient d’une urgence prioritaire. L’Alternative est possible. Elle passe par la mise en place d’un Pouvoir Guadeloupéen qui définira avec le pouvoir central un partage de compétences. Cette politique nouvelle doit prendre appui sur une économie de production avec pour finalité la conquête du marché intérieur. Le CIPPA a pris la décision de ne pas participer à ces élections législatives, qui ne peuvent créer qu’illusions et déception chez les Guadeloupéens. Le CIPPA a décidé d’intensifier son travail d’explication politique, pendant cette période électorale, pour faire avancer l’idée d’un changement de statut pour la Guadeloupe, dans le cadre de l’article 74 de la constitution.

C’est dans ce cadre là, et uniquement dans ce cadre, que nous apportons notre soutien, à des candidats, qui souhaitent s’inscrire dans cette perspective. Dans la troisième circonscription, nous apportons notre soutien Jos TORIBIO candidat du PSG, dans la quatrième a Camille EDOUARD candidat du PCG et dans la deuxième à Gerald BOUGRER qui en collaboration avec le CIPPA, met en avant un véritable projet de développement des énergies renouvelables et de la production vivrière pour le marché intérieur.

Pour le Bureau Politique

Alain PLAISIR

Président du CIPPA

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