Depuis plusieurs jours, il ne pleut pas. Quoi de plus normal, puisque nous sommes en plein carême, réputé pour être la période sèche. Dans un pays développé harmonieusement, cette courte période sans pluie ne poserait aucun problème, mais en Guadeloupe de nombreux foyers sont privés d’eau, après seulement quelques jours sans pluie. Sont principalement touchés, les habitants de la Grande Terre, des iles de l’archipel ( particulièrement Désirade), mais aussi des zones en Basse-Terre qui sont habituellement victimes des tours d’eau toute l’année. Evidemment, cette situation est due à la gestion calamiteuse de l’eau depuis une quarantaine d’années. Il faut certes remplacer les canalisations défectueuses, construire des réservoirs d’eau etc.., mais : QU EST-CE QUI SE PASSERA si le manque de pluie se prolonge pendant un mois, ou pire si la sécheresse se prolonge au-delà du carême ? Nul besoin d’être devin pour comprendre que le débit de l’eau des rivières sera réduit au maximum, et que le manque d’eau potable s’étendra à tous les foyers de l’archipel guadeloupéen. C’est à partir de cette hypothèse, plus que réaliste, que le CIPPA demande, depuis plusieurs années, la construction de DEUX USINES DE DESSALEMENT DE L EAU DE LA MER. Les plus sceptiques avancent trois arguments pour repousser cette demande : 

– Il y a des rivières en Guadeloupe – Le m3 d’eau de dessalement revient trop cher – Les usines de dessalement consomment beaucoup d’énergie 

fossile Nous n’allons pas insister sur le premier argument, nous avons expliqué comment une grosse sécheresse peut jouer sur le débit des rivières et des nappes phréatiques Concernant, le prix de revient du m3 : 

Il est vrai que pendant des années, le prix de l’eau de dessalement était nettement supérieur au prix du m3 de l’eau de rivière… Ce qui n’a pas empêché beaucoup d’îles touristiques de la Caraïbe de l’utiliser. 

Il est aussi vrai que l’usine de dessalement consomme beaucoup d’énergie, surtout du fioul, qui est en plus une énergie polluante. CEPENDANT LA TECHNNOLOGIE EVOLUE A TOUTE VITESSE En effet en mars 2017, la Polynésienne des Eaux a testé à Bora Bora, en POLYNESIE une nouvelle technologie, OSMOSUN. Ce teste a donné toute satisfaction 

En combinant l’osmose inverse avec 400m2 de panneaux solaires, le coût d’exploitation et de maintenance de la désallinisation de l’eau de mer est divisé par quatre… Cette nouvelle technologie est totalement opérationnelle depuis mai 2017. Elle couple un champ de 400m2 de panneaux solaires avec une unité d’osmose inverse OSMOSUN, ce qui permet de produire en moyenne 70mètres cubes d’eau douce par jour à partir d’eau de mer. Cela représente 70 familles de Bora Bora alimentées en eau sans émettre la moindre particule de pollution ou de gaz à effet de serre ! Encore mieux, cette eau douce coûte quatre fois moins chère que celle produite par les osmoseurs « ancienne génération » reliés au réseau électrique général. Le dessalement convient particulièrement aux territoires insulaires qui ne disposent que de très peu d’eau douce. 

L’alimentation en eau potable des 9 600 habitants de Bora Bora s’appuie maintenant sur 3 unités de dessalement par osmose inverse, alimentées en énergie par des panneaux photovoltaïques Ramenées à la Guadeloupe, ces trois unités suffiraient presque à la consommation totale d‘eau potable de Marie-Galante et nettement plus que la consommation de la Désirade et des Saintes. Oui, continuons à faire le sourd et attendons tranquillement la prochaine catastrophe et ainsi on pourra faire appel, une fois de plus, à la mère patrie. 

Alain PLAISIR Président du CIPPA

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