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Dans son numéro du mardi 1er septembre, le quotidien FA commentant les chiffres du commerce extérieur titrait : « La Guadeloupe importe, mais elle n’exporte rien ». Ces chiffres du commerce extérieur, expriment le caractère lamentable de l’économie de la Guadeloupe. C’est aussi un bilan de faillite pour tous ceux qui ont dirigé notre pays ces dernières années, notamment l’actuel président du Conseil Régional, qui est en place depuis 12 ans. Rappelons que la principale compétence du Conseil Régional est la compétence économique.

Ce que le journal n’a pas fait, c’est d’expliquer le déclin de nos activités productives, qui est la cause principale de l’énorme déficit de notre balance commerciale. Pour analyser ces chiffres, il faut comprendre, les évolutions du commerce mondial ces 30 dernières années.

Au niveau du commerce international, de part son intégration à l’UE, la Guadeloupe est insérée dans le système de libre- échange :

– Libre-échange avec les 28 pays et bientôt 30 de l’Union Européenne.

– Libre-échange avec les pays ACP, dans le cadre de l’accord de Partenariat économique

– Libre-échange avec les pays avec lesquels l’Union Européenne a signé des accords bilatéraux et multilatéraux de libre-échange.

– Et bientôt libre échange avec les Etats-Unis dans le cadre du Traité transatlantique.

Ce système de libre échange a conduit à l’éradication de nos productions. Nous achetons tout : légumes, poissons, lait, viande…

       Conséquence le taux de couverture des importations par les exportations qui étaient de 101% en 1947, 81% en 1950 ; 13% EN 1982 est à peine 6% en 2014. Et le taux de chômage de 19% en 1974 est proche de 30% en 2014. Pour parler simplement, chaque année plus de 2 milliards 600 millions d’euros quittent la Guadeloupe et vont créer de la richesse et de l’emploi ailleurs et moins de 200 millions d’euros rentrent en Guadeloupe. C’est ce qu’on appelle le déficit du commerce extérieur. Avec la dégradation constante de nos échanges avec l’extérieur, nous approchons d’une situation de non retour. C’est pour cette raison, que le CIPPA parle de l’urgence de mettre en œuvre une autre politique économique.

Il est clair que pour créer des richesses et donc faire reculer le chômage, il faut produire suffisamment, et d’abord pour le marché intérieur.

Jusqu’à présent, toutes les tentatives de substitution des importations, par conquête du marché intérieur ont échoué, car les tentatives faites en ce sens n’ont pu résister à la concurrence des produits importés, concurrence quelques fois artificielle (dumping) dans le but de couler à production locale.

Dans un système de libre échange nous ne sommes à l’heure actuelle compétitifs ni par rapport aux pays industrialisés qui ont une meilleure productivité, ni par rapport à nos voisins du Sud qui ont un coût du travail nettement inférieur.

Il n’est pas question de ne pas commercer, mais il faut réguler le marché. Pour cela, il y a nécessité de mettre en œuvre des soustractions partielles au règles habituelles du marché, c’est-à-dire à la loi du plus fort. Cela est possible en instaurant des mécanismes douaniers et fiscaux à l’importation et une organisation du marché à l’intérieur qui permettent la préférence guadeloupéenne.

Ces mécanismes sont largement décrits dans deux ouvrages d’Alain PLAISIR : Conquête du marché intérieur et la Préférence Guadeloupéenne

Le Président du CIPPA Alain PLAISIR

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