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Plus de trente années d’irresponsabilité politique

Intense agitation du microcosme politique avec l’arrivée du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Sans aucune surprise, nos élus politiques demanderont plus de policiers (avec peu de chance d’être entendus). Pensent-ils sérieusement que le problème de la violence se réglera uniquement avec l’augmentation, éventuelle, des effectifs policiers. Nous en doutons !

I – LA VIOLENCE : un marqueur significatif de la réalité guadeloupéenne.

Aujourd’hui, le quotidien des Guadeloupéens est rythmé par la survenance d’actes violents de toutes sortes : braquages, cambriolages, règlements de compte, agressions envers les femmes, incivilités diverses dans les établissements scolaires. Pas un jour, sans que le sang ne coule, 38 morts violentes dans les quartiers et les villes, mais également 46 morts sur les routes depuis le début de l’année.

Cette escalade de la violence, expression exacerbée d’un mal être général, trouve sa source dans la dégénérescence de la réalité économique, sociale, politique, et culturelle du pays.

  • Baisse vertigineuse des activités et chômage en hausse (63 000 chômeurs selon l’INSEE)
  • Réduction drastique des transferts publics
  • Réduction des possibilités d’investissements des deux Collectivités (à cause de leurs difficultés financières qui vont s’aggraver, encore plus, surtout à partir de 2014, avec la volonté du gouvernement de réduire le déficit de la France).
  • Menaces pesant sur les 2 dernières usines sucrières (Gardel et Grande-Anse)
  • Echec de la politique touristique : 17 hôtels fermés et des centaines d’emplois supprimés
  • Incapacité pour l’agriculture et la pêche de satisfaire aux besoins réels des Guadeloupéens
  • Baisse de l’offre de soins, du fait de fermetures d’établissements hospitaliers notamment à Marie-Galante (préconisations de l’ARS –Agence Régionale de Santé- et de la Cour des Comptes)
  • –  Permanence des difficultés pour le stockage et la distribution de l’eau sur tout le territoire
  • –  Absence de débouchés pour les jeunes (60% des moins de 25 ans au chômage) et donc impossibilité pour eux de se projeter dans l’avenir
  • –  Illisibilité des politiques de formation

C’est cette situation qui est à l’origine d’une dualité dans le pays : entre ceux qui peuvent accéder à la société de consommation grâce à un revenu stable et ceux, plus nombreux qui ne travaillent pas, ou épisodiquement.

C’est encore cette situation qui génère certaines frustrations, notamment l’impossibilité de vivre décemment de son travail et plonge bon nombre de Guadeloupéens dans l’aigreur et la désespérance.

Dès lors, dans cette ambiance structurellement explosive, tout peut être prétexte à réaction violente, entraînant souvent l’irréparable.

2 – INADEQUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES APPLIQUEES EN GUADELOUPE

La Décentralisation (depuis 1982) dans ses Actes I et II, n’a pas permis d’amélioration de la situation globale du Pays Guadeloupe.

L’Acte III, que certains nous présentent comme solution miracle, ne semble pas non plus à l’analyse, porteur d’un quelconque espoir pour les Guadeloupéens

La plupart des élus Guadeloupéens se font les relais de ces politiques publiques désastreuses qui n’apportent rien de significatif au Pays. Les vrais débats, portant sur les véritables enjeux pour sortir la Guadeloupe du marasme dans lequel elle s’enfonce, sont prudemment esquivés. C’EST L’ECHEC SUR TOUTE LA LIGNE.

Cet échec condamne sévèrement et logiquement, celles et ceux qui en portent la responsabilité, du fait de plus de 30 années de clientélisme, de gabegie et d’incurie de la plupart des élus. L’heure est désormais au bilan.

La situation actuelle découle du manque d’imagination de celles et de ceux qui ne nous ont proposé que la défiscalisation comme unique recette pour le développement économique et qui ont assisté, impuissants, à la disparition de nos activités productives et à la montée irrésistible du chômage.

3 – FACE A CELA QUE FAIRE ?

D’aucuns, des plus pessimistes pensent que la situation est désespérée, que nous n’y pouvons plus rien, et que le peuple guadeloupéen ne serait pas prêt à débattre du cours nouveau à imprimer à la situation du Pays pour l’améliorer.

Au CIPPA, nous pensons au contraire que les Guadeloupéens sont parfaitement conscients de la gravité des problèmes économiques et sociaux et de l’impact qu’ils ont sur leur vie quotidienne. Ce qui les déstabilise, c’est la frilosité des femmes et des hommes qu’ils ont mandaté pour la défense de leurs intérêts généraux.

En outre, non n’avons rien à attendre de l’actuel gouvernement socialiste pour le règlement des problèmes fondamentaux de notre Pays.

Comptons d’abord sur nos propres forces, exprimons avec force nos convictions profondes, notre amour de la Guadeloupe, autour de l’émergence d’un Projet concerté et cohérent de Développement global pour le Pays.

Brisons le carcan de l’intégration de la Guadeloupe à l’Union Européenne qui, en l’état, nous livre corps et âme à la mondialisation capitaliste dans sa forme la plus abjecte.

La Guadeloupe regorge de potentialités, les experts du monde entier en attestent ; notre salut passe par la valorisation de ces richesses par nous-mêmes et pour nous mêmes.

 Voilà pourquoi nous pensons qu’il n’y a pas d’avenir dans le cadre du statut départemental et que la revendication d’un Statut de PTOM (Pays et Territoire d’Outre Mer) nous permettra de mettre en place notre propre modèle de développement pour faire reculer le chômage et offrir une vraie perspective aux habitants de notre pays.

Wi, nou pé fey. Nou pa ni dwa kité Gwadloup mô an men an nou ! 

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