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Je fais partie d ‘une génération qui a appris: « nos ancêtres les Gaulois », et aussi tout sur les victoires de Napoléon, du pont d’Arcole à Austerlitz. Ceux qui apprenaient magnifiquement ces leçons avaient une bonne note et les autres étaient considérés comme des ânes. Et pourtant ! Evidemment, nous n’avons jamais appris que des noirs déportés d’Afrique ont été conduits de force dans les colonies et réduits en esclavage. De même nous n’avons jamais appris, que Napoléon avait rétabli l’esclavage en Guadeloupe et tenté de le faire en Haïti. Dans le même état esprit, les rares fois où ils étaient évoqués, les nègres marrons étaient présentés comme des sauvages. Frantz Fanon dans son magnifique ouvrage : Peau noire masques blancs, a décrit l’aliénation. Aliénation qui devient un obstacle à toute émancipation : humaine ou politique.
Des dizaines d’années après, on veut nous faire croire que sans l’Union Européenne, point de salut. Outre la propagande officielle, s’ajoute dans cette entreprise de décervelage, les propres élus de la Guadeloupe. Ainsi, on a entendu, ( récemment) une vice présidente de la Région, maire de Basse-Terre, vantée, sans nuance, « les bienfaits » de l’Europe.
Pourtant, en Europe même, les anglais ont voté le Brexit et dans tous les pays membres de l’UE, des voix s’élèvent pour dire Non à cette Europe libérale.. Un Europe clairement au service des très riches et des multinationales.
Pour nous en Guadeloupe, l’UE, c’est la disparition de nos producteurs et artisans, une balance commerciale de plus en plus déficitaire, l’exode des jeunes. Ce sont des accords de libre-échange avec des pays concurrents, c’est la libre circulation des personnes, des marchandises et des services. C’est la taxation de la production locale ( octroi de mer interne) au nom de la libre concurrence. C’est la remise en cause de notre culture pour respecter des normes idiotes… Face à tous ces arguments, les plus modérés des pro européens disent, oui d’accord, mais il y a l’argent de l’Europe, et là, ils balancent des chiffres à vous couper le souffle… C’est près d’un milliard d’euros pour la Guadeloupe. … disent ils.
Allons y parlons de ce fameux argent de l’Europe ! mais parlons en sérieusement. Non pas comme des aliénés, mais avec un esprit critique.

D’ABORD LES CHIFFRES
Prenons un exemple concret : Tous les fonds européens sont regroupés dans le cadre des Programmes Opérationnels. Pour la période 2007-2013 qui vient de se terminer ils s’élevaient à 888 millions d’euros pour les 7 ans. NOUS DISONS BIEN POUR 7 ANS
La Guadeloupe bénéficiait dans le cadre de l’objectif « convergence » pour la période 2007-20013 pour le FEDER et le FSE de 728 M€, je dis bien pour 7 ans.
Pour avoir une moyenne annuelle on divise ces 728 M€ par 7, on atteint une somme de 104M€ pour un an. Quand on sait qu’au 31décembre 2012, soit après 6 ans le début du PO, seuls 41% des fonds avaient réellement été dépensé, on arrive à la somme plus modeste de 42 millions par an.
Il faut ajouter au FEDER et au FSE, les aides au titre du Fonds Européen Agricole Développement Rural, d’un montant de 138 M€ pour la même période, soit 19 M€ théorique par an.
5. 2 millions sur 7 ans, versés par le Fonds européen pour la pêche FEP au titre de la politique de la pêche.
En résumé, MOINS DE 62 MILLIONS de fonds européens ont été réellement dépensés pendant cette période réellement chaque année, pendant ces années. Nous sommes bien loin du milliard annoncé. Pour le PO 2014-2020, les chiffres sont sensiblement les mêmes
D’où vient ce fameux « argent de l’Europe » ?
Les Recettes de l’Union européenne
Depuis 1994, le budget de l’Union est entièrement financé par les ressources propres suivantes.
• Les droits de douanes perçus sur les importations dans l’Union en provenance des pays tiers* (10,7 milliards d’euros prévus pour 2005, soit 10,5% des recettes).
• Ressource TVA : taux uniforme appliqué à l’assiette de la TVA (15,3 milliards d’euros prévus pour 2005, soit 14,5% des recettes).
• Ressource Produit National Brut (PNB) : la contribution de chaque pays est calculée sur sa part dans le PNB communautaire (77,6 milliards d’euros prévus pour 2005, soit 73,7% des recettes).
• Les prélèvements sur les importations agricoles : ce sont les taxes sur les importations de produits agricoles couvertes par la politique agricole commune (1,6 milliards prévus pour 2005, soit 1,6% des recettes).

LA GUADELOUPE CONTRIBUE
Nous avons vu que les recettes de l’Union provenaient d’un pourcentage de la TVA, d’un pourcentage du PNB et surtout des droits de douane.
Selon les statistiques officielles, les droits de douane perçus en Guadeloupe s’élevaient à plus de 14 millions d’euros en 2011 et les années suivantes.
Les importations en provenance des pays tiers (hors Union) augmentent chaque année, ce qui permet à la Guadeloupe de contribuer toujours davantage aux recettes de l’Union. Les ressources propres de l’Union sont composées en grande partie des droits de douanes et des prélèvements agricoles qui sont prélevés aux frontières de l’Union, c’est-à-dire dans les ports et aéroports, sur les marchandises originaires des pays tiers.
La Guadeloupe, n’ayant que très peu de relations commerciales directes avec ces pays, la plupart de ces marchandises commercialisées dans notre pays, sont dédouanées dans les ports et aéroports de l’Union et y paient les droits de douane et autres prélèvements agricoles. Ces droits de douanes, après avoir été payés par l’importateur, sont répercutés sur le consommateur final qu’il soit en France ou en Guadeloupe.
Donc, on peut dire , sans risque de se tromper, que la Guadeloupe est un contributeur net au budget européen, et que les fonds européens ne doivent pas être un obstacle pour un changement de statut de la Guadeloupe.

Alain PLAISIR
Président du CIPPA

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