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Après avoir accepté lors du Congrès du 27 décembre 2012, la résolution n° 2 qui demandait un transfert de compétences, les élus régionaux sous la houlette de leur présidente, ont fait piteusement volte-face le vendredi 8 février 2013.

Outre le fait que ce ne soit pas sérieux sur la forme, les arguments évoqués par les élus régionaux, ne sont pas recevables sur le fond.

En procédant de la sorte, les élus régionaux veulent signifier à la population qu’ils veulent continuer la même politique qui a conduit la Guadeloupe à la catastrophe économique, à l’augmentation exponentielle du chômage qui touche 67000 personnes, à la pauvreté dont sont victimes 20% de Guadeloupéens , à la violence qui se développe, et à l’environnement qui se dégrade. En réalité, pour ces élus, toute atteinte au statut quo est lourde de risques pour leurs pouvoirs et leurs privilèges.

Il est facile de dire que le changement statutaire de la Guadeloupe, n’est pas la priorité des Guadeloupéens, en l’absence d’évaluation économique et d’analyse des conséquences de 65 ans de départementalisation en terme de destruction des activités productives et donc sur la montée du chômage.

Il est facile de faire peur :
 En distillant des clichés et des idées fausses. Ainsi faire croire qu’un transfert de compétences dans le cadre de l’article 74 impliquerait la remise en cause des droits sociaux, est démenti par les faits. Les Saint-Barths et les Saint-Martinois, bien qu’ils aient opté pour un changement de statut dans le cadre de l’article 74, continuent toujours de bénéficier des droits sociaux que la République accorde aux habitants des DOM.

En occultant les réalités suivantes à savoir :

 que 80% des fonds régionaux européens sont destinés à l‘objectif Convergence, c’est-à-dire aux régions dont le PIB est inférieur à 75% de la moyenne communautaire. Le PIB de la Guadeloupe étant actuellement à environ 70% de cette moyenne, il existe donc un risque sérieux d’une diminution sensible des fi- nancements européens avec l’adhésion des pays des BALKANS (Croatie, Ser- bie..) dont les PIB par habitant sont inférieurs à celui de la Guadeloupe.

 Que la contribution de la Guadeloupe au budget de l’Union européenne a augmenté de 40%, ces 4 dernières années.

  •   Que l’octroi de mer est remis en cause pour son caractère protectionniste par les instances européennes, alors que l’accord d’Association, entre l’Union Européenne et les PTOM permet à ces Territoires de percevoir sur les importations de toutes provenances, y compris de l’Union européenne, des droits et taxes qui répondent aux nécessités de leur développement et aux besoins de leur industrialisation, ou qui ont pour but d’alimenter leur budget.
  •   Que les PTOM peuvent exporter dans l’Union Européenne des marchandises considérées comme originaires de leur territoire des produits des autres PTOM ou des pays tiers partiellement transformés, ce qui n’est pas le cas des DOM qui sont soumis à des règles strictes en matière d’origine.
  •   Que les PTOM disposent d’un libre accès au marché européen sans être te- nus par la réciprocité (comme le sont les DOM) car ils jouissent du droit de protéger leur marché intérieur.
  •   Que les PTOM sont directement compétents pour la gestion de leur Zone Economique Exclusive au regard des droits de pêche, l’État français ve- nant en garantie de l’activité économique de la pêche en matière de po- lice des pêches.Les Guadeloupéens doivent être libres de leur choix, mais faut- il au moins, qu’après une campagne d’explications, un véritable débat démocratique s’instaure sur la question statutaire.
    Le CIPPA demande aux tenants de l’immobilisme, un débat public, où chacun pourra exposer sa vision du développement économique et social de la Guadeloupe.

Le président du CIPPA, Alain Plaisir

Contact :cippa.gp

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