Alors que les bananiers manifestent dans les rues de Basse-Terre devant l’effondrement des cours de la banane occasionné par le démantèlement de l’OCM banane, que la production de sucre est au plus bas, que les prix des produits alimentaires continuent à flamber, que les problèmes de l’eau et du traitement des déchets ne sont toujours pas réglés, que Pôle emploi dénombre chaque jour plus de chômeurs, que les fonctionnaires manifestent pour défendre les services publics, que la jeunesse vit de plus en plus mal l’absence de perspectives qui lui est offerte ; nos élus s’adonnent, à l’occasion des élections sénatoriales, aux délices du jeu politicien.

Pendant toute la période des vacances, et jusqu’à maintenant, les Guadeloupéens ont assisté, incrédules, au feuilleton des candidats du «  socle de gauche : ticket à deux ou ticket à trois ».

Ce sera finalement un ticket à deux, le sénateur sortant Jacques Gillot préférant garder les mains libres. Mais comme il faut donner, malgré tout, des gages d’unité au bon peuple ; le triumvirat a décidé de faire une campagne commune et de présenter un “programme” commun.

Il  serait amusant, si ce n’était si grave, de constater que tous ces élus, pour la plupart cumulards, ont pu rédiger, en quelques jours, un “programme” pour participer au grand débat sur l’avenir de la  France, alors qu’ils se sont montrés incapables de  rédiger, en plus de 18 mois, un projet pour l’archipel guadeloupéen.

La lecture de leur “programme” pour les sénatoriales est plutôt édifiante ! On apprend qu’ils veulent œuvrer «  pour que les citoyens les plus modestes ne paient trop lourdement les conséquences d’une mondialisation destructrice des solidarités et des identités » ! De qui se moque-t-on ?

Ne sont-ce pas ces mêmes élus qui ont fait campagne et fait voter « oui » en 2005 pour l’adoption de la constitution européenne qui insère un peu plus l’Europe – et donc la Guadeloupe – dans la mondialisation libérale et qui met en péril les services publics et les solidarités, fruits de la lutte de plusieurs générations de travailleurs ?

Ils prétendent également aller au Sénat pour mettre en place le plan d’urgence pour l’emploi. Pourquoi ne l’ont-ils  pas fait jusqu’à présent, alors que c’était une revendication forte du mouvement social de 2009 ?

Il  n’y a décidément pas grand-chose à attendre des forces politiques qui dirigent la Guadeloupe depuis 50 ans.

Le CIPPA affirme que les problèmes de la Guadeloupe ne se résoudront pas au Sénat, mais en Guadeloupe,  autour d’un programme économique, social et politique élaboré par les progressistes de ce pays et porté par la masse des citoyens.

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