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Après les épidémies de la dengue, les ravages de la leptospirose, une nouvelle épidémie : le chikungunya a déjà provoqué la mort de plusieurs personnes en Guadeloupe. Le climat tropical de la Guadeloupe n’explique pas, à lui seul, la prolifération du moustique porteur du virus. Les déchets et immondices de toutes sortes : vieux pneus abandonnés, morceaux de tôles, bidons, cannettes et autres détritus aux abords de maisons et de certaines cités sont la cause principale de la prolifération des moustiques et des rats. Bref, cette épidémie n’aurait pas pris autant d’ampleur si l’état de salubrité du pays n’était pas aussi déplorable. A qui la faute ? Il est facile, comme toujours de rejeter, la responsabilité sur les seuls habitants, qui ne feraient pas preuve d’hygiène et d’esprit civique. Que dire alors de tous ceux qui sont en charge du pays depuis des dizaines d’années (ne dit-on pas que gouverner, c’est prévoir !) et qui n’ont toujours pas pu ou su régler le traitement des déchets ménagers et autres. Dans la plupart des communes, le tri sélectif n’existe toujours pas et les services chargés d’enlever les encombrants fonctionnent encore d’une manière aléatoire. Quant à l’eau, si utile pour l’hygiène et la vie, tout simplement, elle ne coule pas régulièrement dans tous les foyers de la Guadeloupe. Est-il normal qu’au XXIème siècle dans un pays qu’on appelle l’île aux belles eaux, cette eau, dont la Guadeloupe est si abondamment pourvue devienne une denrée rare, pour la plupart des habitants, alors même qu’ils s’acquittent de leurs factures et qu’à ce titre, ils sont en droit d’exiger un service public de qualité.

En réalité, cette épidémie et d’autres qui nous menacent… proviennent de l’état sanitaire déplorable de la Guadeloupe. Malgré les apparences, la Guadeloupe a toutes les caractéristiques d’un pays du tiers-monde, alors qu’elle est- juridiquement- un des départements de la 5ème puissance économique du monde. Comme pour le problème de l’eau, les responsables et… coupables, sont ceux et celles qui dirigent la Guadeloupe depuis plus de 30 ans. En effet, loin d’aller dans le sens de l’amélioration, les choses empirent chaque année. Les Guadeloupéens souffrent et supportent, dans un mélange de résignation, et de fatalité, cette nouvelle catastrophe qui s’abat sur eux. Nous ne pouvons pas continuer à subir cette situation comme si nous étions impuissants. Il faut agir, et vite, pour éviter que cette épidémie ne prenne plus d’ampleur. Tout en se félicitant de certaines initiatives de la société civile, le CIPPA demande :

1- Que ceux qui sont responsables de cette situation : Etat – Région, Conseil Général, communes prennent en charge l’achat de répulsifs et d’insecticides et les distribuent gratuitement à la population, en commençant par ceux qui vivent avec les minimas sociaux,

2- Qu’une vaste campagne d’assainissement (nettoyage conséquent aux abords des villes et dans les campagnes, éradication à grande échelle des gites larvaires etc.…) de la Guadeloupe, soit mise en œuvre avec d’importants moyens humains et matériels,

3- Que le problème de l’eau et du traitement des ordures ménagères, qui sont une véritable honte pour notre pays, constituent une des priorités des pouvoirs publics.

Alain Plaisir,

Président du CIPPA

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