Alors que les élus se chamaillent pour savoir (comble d’audace) s’il faut une ou deux assemblées dans un minuscule département, la route continue à tuer, dans l’indifférence quasi générale. Il a fallu l’accident d’un champion cycliste, heureusement sans gravité, pour provoquer un vif émoi dans la population et un communiqué de la présidente de région. Hélas, ce n’est pas un cas isolé .Depuis le début de l’année 60 personnes ont perdu la vie sur nos routes, soit 13 de plus par rapport à l’an dernier. En moyenne on meurt 4 fois plus sur les routes de Guadeloupe, que sur les routes de France, où le nombre de morts ne cesse de baisser depuis 25 ans.

Pourquoi meurt-on sur les routes de Guadeloupe en moyenne nettement plus qu’ailleurs ?

Beaucoup de raisons ont été données pour expliquer cette tuerie quasi quotidienne : imprudence des conducteurs, non respect du Code de la route, vitesse excessive, alcool au volant…

N’aborder le problème que sous l’angle individuel (comme on le fait actuellement) évite de poser les vraies questions et de trouver les vraies solutions. Car, même si apparemment on peut attribuer la majorité des accidents mortels aux fautes des conducteurs, on ne peut pas s’arrêter à ce constat, à moins d’accepter une fois pour toutes l’idée que les automobilistes Guadeloupéens sont plus fous que les autres, ou qu’il s’agirait de la fatalité ( lé ay té rivé ! ), on doit avoir une approche globale de la situation.

S’agit-il simplement de déplorer 60 morts isolés, 60 faits divers, ou de prendre en compte le problème de fond ?

C‘est parce que nous pensons, qu’il est possible de faire diminuer ce fléau, que le CIPPA a écrit le 26 juillet 2006 en indiquant qu’il faut rechercher les causes objectives de ce massacre routier.

Ne parler que de la responsabilité des conducteurs permet d’évacuer l’effort indispensable et urgent à faire sur les infrastructures routières.

 Par exemple, on peut estimer que les routes à trois voies de l’Hermitage et de Goyave sont inadaptées à la circulation actuelle. Tout le monde sait que ces routes à trois voies sont particulièrement meurtrières, d’ailleurs, elles ont été supprimées en France et dans la plupart des pays.

  •   L’absence de pistes cyclables et de trottoirs explique en grande partie le nombre de victimes cyclistes et piétonnes
  •   L’insuffisance d’éclairage des routes en zones urbaines et en agglomérations.
  •   Le mauvais entretien et l’insuffisance du marquage au sol.
  •   La non élimination des « points noirs »
  •   Trouver des solutions pour le déplacement des engins agricoles. Il est anormal que toutes sortes d’engins agricoles sillonnent les routes nationales de la Guadeloupe, provoquant des ralentissements et l’énervement des automobilistes.
  •   Un service public de transport en commun efficace, une campagne de prévention pourraient compléter le dispositif.
  •   Le transport des passagers et des marchandises par la voie maritime (en complément de la route), pourrait rendre la circulation plus fluide et les dépassements moins dangereux.
  • Dans une autre lettre, adressée cette fois-ci au Préfet, le 10 août 2010, le CIPPA affirmait :

    Croyez vous qu’il soit normal que les balustrades des deux ponts situés entre Trois-Rivières et Basse-Terre soient peintes en vert (couleur invisible la nuit), alors qu’il aurait été judicieux qu’elles le soient en blanc?

    Que l’échangeur de Petit-Bourg ne soit pas éclairé?

    Qu’il n’y ait pratiquement pas de trottoirs pour la circulation des piétons à Sainte-Marie, alors que cette zone est très habitée?

    Que les automobilistes venant de l’ancienne route de Goyave soient obligés de couper la nationale (à trois voies, non éclairée) pour se rendre à Basse- Terre ?

    L’existence de ces trois voies n’est elle pas déjà un facteur d’accidents ?

    Est-il normal que cohabitent sur les routes à quatre voies cyclistes et automobilistes ?

    Deux ans après, ces courriers n’ont toujours pas de réponse, plus grave, tous les problèmes évoqués sont toujours d’actualité, rien n’a été fait et l’hécatombe continue.

    Alain PLAISIR ,

    Président du CIPPA

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