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Les récentes élections départementales, viennent de montrer une fois de plus, l’état lamentable du débat politique dans notre pays. A quelques exceptions près, il n’était question, lors de ces élections, que de la petite enfance et des personnes âgées, comme s’il s’agissait d’un colloque d’assistantes sociales. Pas un mot sur l’état sanitaire du pays, alors que les guadeloupéens se relèvent, à peine, d’une très grave épidémie causée par le chikungunia. Pas un mot sur le chômage qui touche 74 000 personnes, pas un mot sur la violence qui prend des proportions alarmantes, pas un mot sur le financement de la protection sociale… Et pour terminer cette médiocre campagne électorale, l’apothéose avec l’élection du nouveau président de la collectivité départementale.

1- Une comédie loufoque, un triste spectacle.

La Guadeloupe vient de vivre, à l’occasion du vote pour l’élection à la présidence du Conseil Départemental, Jeudi 2 Avril 2015, l’un des épisodes parmi les plus douloureux de son histoire politique. Jamais en effet nous n’avions été témoins d’autant de bassesses de la part de femmes et d’hommes s’affichant avec une dévotion sans bornes au « Roi». Quel spectacle affligeant nous ont offert ces piètres comédiens à travers leurs woulo-bravo, leurs embrassades et leurs trémolos sirupeux à souhait.

Et tout cela au plus grand mépris du peuple guadeloupéen qui, encore une fois, a été la cinquième roue du carrosse. Du jamais vu, même dans les périodes les plus sombres qui ont jalonné l’histoire politique guadeloupéenne, « clientélisme électoral » oblige. Nous avons eu droit à une véritable tartufferie: l’intronisation de la « Protégée » de la Cour.

Ces bouffons du Roi n’ont même pas eu la décence de mesurer un tant soit peu leurs propos, de faire preuve d’un peu de dignité dans leurs attitudes, puisque bon nombre de Guadeloupéen(ne)s savaient déjà que paké la té ja maré, du fait des manipulations faites autour du « charcutage territorial » venant de ceux-là même qui y avaient intérêt. Serait-ce le modèle de société guadeloupéenne que l’on voudrait nous imposer ?

Nous au CIPPA nous opposons un refus catégorique à de telles dérives. Nous appelons à une vigilance de tous les instants pour que ces pratiques ne puissent pas se reproduire dans notre Pays. FO PA SA FÈT KONSA ANKO !

2-Victoire à la Pyrrhus… et maintenant ?

De l’élaboration de la réalité économique, politique, sociale et culturelle de la Guadeloupe, il ressort que ces élections départementales ne vont rien changer, rien améliorer de manière significative.

Certes, l’Institution s’est quelque peu rajeunie, elle a pris un « coup de neuf ». Du point de vue sociologique les nouveaux élus du 29 Mars dernier n’ont donné aucun espoir quant à une quelconque évolution par rapport à ceux et celles qui, élus pour certains depuis de nombreuses années, n’ont pu apporter aucune réponse aux problèmes cruciaux posés à la Guadeloupe: eau, énergie, déchets, transports, vie chère, chômage, échec scolaire, délitement du bien social, violence, etc…

Cette incapacité s’explique par une absence complète de vision pour le pays, un manque total de « sens du Pays » qui n’ont pas permis d’enrayer la montée irrésistible du chômage, de porter des projets nécessaires et structurants pour la Guadeloupe. Comble d’incompréhension, pas une voix discordante parmi les élu(e)s le 29 Mars 2015, n’est venue troubler le funeste concert servi au peuple guadeloupéen. Le seul bémol est venu du Député-Maire de Baie-Mahault, Ary CHALUS, qui courageusement a exprimé publiquement son dégoût pour certaines pratiques combinatoires dont il a été témoin.

Mais il est quelquefois des victoires qui n’augurent rien de grandiose pour ceux qui les ont remportées.

1. Pour un sursaut d’humanité dans ce Pays

Aujourd’hui plus que jamais, le CIPPA réaffirme sa volonté de travailler à l’émergence d’un véritable débat démocratique, au travers duquel sortiront les réponses les plus adaptées à une amélioration durable de la réalité du Pays.

Le CIPPA redoublera d’efforts militants pour que cet engagement se traduise par une prise en compte , par un grand nombre de Guadeloupéen(ne)s, des propositions que nous avançons pour sortir la Guadeloupe de l’impasse.

Nous inscrivons résolument notre intervention dans le cadre d’une démarche de rassemblement des forces progressistes qui, dans ce Pays, veulent vraiment qu’enfin un cours nouveau soit donne à l’histoire de la Guadeloupe.

L’heure n’est désormais plus aux postures péremptoires, aux positionnements ambigus, à la recherche effrénée du « mandat pour le mandat », mais à la nécessaire implication dans le combat sur le terrain, pour soustraire la Guadeloupe des griffes des profiteurs de toutes sortes qui empêchent son véritable développement.

Dans cette situation délétère, il ne reste qu’un seul choix au Guadeloupéens épris de progrès et de justice sociale, construire une alternative économique et politique. Le CIPPA prendra toute sa place dans ce combat là.

ARÉTÉ BAN NOU MASKO ! GWADLOUP BIZWEN ON DOT BITIN JODI JOU !

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