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Le  premier ministre a changé ; des hommes et des femmes ont changé de postes ministériels, certains et certaines sont partis, d’autres sont arrivés, mais il n’y aura pas de changement de politique. Le président de la République, en nommant Manuel Valls montre bien qu’il ne quitte pas la voie qu’il a depuis deux ans, choisie. Le nouveau gouvernement fera la politique de BRUXELLES. Peut-il faire autrement ? On peut toujours faire différemment. Mais il faudrait sortir de l’EUROPE et la France ne quittera pas la Communauté Européenne, quelque soit la couleur politique de ses gouvernants et même avec  un Front national aux commandes, qui dans ses discours pourtant prône la sortie de l’Europe.

Avec ce nouveau gouvernement, il y aura peut-être moins de couacs, plus de coordination, une meilleure communication, une plus grande poigne du premier des ministres sur son gouvernement, mais la marche en avant pour exécuter les désidérata européens ne s’arrêtera pas. Personne ne doit se leurrer.

La France doit se réformer dit l’Europe pour respecter le cadre fixé par les institutions européennes  et par conséquent ses engagements sur le  plan économique et financier. Malgré tous les discours lénifiants des sacrifices seront nécessaires et ils toucheront beaucoup de personnes. En effet  l’état de la dette publique est catastrophique, les déficits publics sont abyssaux, le déficit du commerce extérieur constant, les charges publiques et sociales importantes. Malgré tous  les cris d’orfraie poussés et malgré quelques baumes passés sur les blessures, la route prise quoique bordée d’embûches sera poursuivie sans état d’âme.

Le désengagement financier de l’état par la baisse des charges publiques ainsi que la lutte contre l’assistanat  vont toucher de plein fouet les économies qui dépendent totalement ou quasi-totalement de transferts publics ou de transferts sociaux pour leur croissance ; c’est le cas de la plupart des économies des territoires ultra-marins qui en outre profitent de régimes fiscaux sortant du droit commun de l’hexagone. Certes des raisons historiques ou liées à la nécessité de maintenir la croissance de certains territoires ont présidé au maintien de ces régimes spécifiques, mais  dans le cadre des réformes ces régimes ne pourront perdurer. Même si l’état indique que la purge fiscale à laquelle les citoyens ont été soumis  sera arrêtée- je demande à voir-, la périphérie sera amenée à faire des efforts importants  pour compenser la baisse des impôts. Le lobbying habituel aura moins de prise car les intérêts supérieurs de la France ne seront pas sacrifiés à l’intérêt propre de ces territoires qui même si ils donnent une importance politique et géostratégique de la France dans le monde restent malgré tout dans la périphérie. Le réalisme sur l’Outre- Mer va prendre le pas sur l’affectif qui a  longtemps été de mise.

La Guadeloupe doit maintenant apprendre à  faire face à cette nouvelle vision  qui  se profile. Sa croissance ne pourra être plus être basée sur les seuls transferts publics et sociaux   qui vont au fur et à mesure baisser avec toutes les conséquences pour toute la vie économique de la collectivité. La politique de la dépense publique à outrance   arrive à son terme. ; Elle est à bout de souffle. La nouvelle ministre de l’Outre-mer appliquera la politique  dictée par le gouvernement. En outre ses électeurs sont parisiens, même si elle d’origine ultra- marine.

L’avenir de la collectivité guadeloupéenne passe par la mise en valeur d’un nouveau projet de développement économique qui tienne compte d’une réalité multiple : un désengagement de l’état, une Europe qui presse de réformer mais aussi un marché caribéen et américain qui ne peut plus être méprisé, la nécessité de développer des entreprises fortes, et la recherche de segments de développement.

La première obligation est d’arrêter d’avoir peur, car sur ce territoire il y a des potentialités immenses que pendant longtemps on a refusé de mettre en valeur parce que la manne tombait régulièrement. Elles ne demandent qu’à se déployer. La Guadeloupe doit évacuer ses craintes et sortir de ce système de rente pour faire preuve de créativité, d’originalité. Dépassons l’esprit  de  la rente car la rente elle-même disparait. Seuls ceux qui s’adaptent survivront dans ce monde en mutation. Les puissances d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui et encore moins celles de demain.

Les lendemains, chez nous seront désespérants, faits de misère, de précarité encore plus grande, de violence, de désordre et peut-être même de révoltes, si dès aujourd’hui la collectivité n’a pas le courage de prendre le bateau du changement. Une simple étincelle peut créer  un incendie incontrôlable. Le statut quo n’est plus de mise. Il ya urgence à faire bouger les choses, à offrir des perspectives audacieuses,  non pas avec une thérapeutique homéopathique mais avec un vrai changement pour créer une rupture salutaire.

Prenons tant qu’il est encore temps d’autres chemins, celui du refus du fatalisme, celui du sursaut, de la prise en main par notre collectivité de son avenir. Personne ne pourra faire à notre place même si pendant longtemps l’état à suppléer nos manques en distribuant sans vraiment compter. Aujourd’hui des pages se tournent avec rapidité. Souvenons–nous qu’aucune collectivité humaine n’a jamais survécu sans courage et détermination pour se dépasser et aller de l’avant.

Robert Valérius

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