La colonie n’est pas faite pour produire, elle n’est qu’un marché pour la métropole coloniale.

Progressivement , à l’exception des deux cultures d’exportation  (canne et banane,  elles mêmes en déclin) , la production de la Guadeloupe est éradiquée.

C’est ainsi, que la Guadeloupe importe de plus en plus de produits alimentaires ; viande, poisson, lait, légumes etc.…

Résultat, nous vivons en permanence avec un chômage de masse, limité partiellement par les emplois publics ( agents de la fonction publique : Etat, Hospitalier, Collectivité) 

 Situation qui favorise le clientélisme, particulièrement au niveau des collectivités locales.

Sur les 122 000 emplois salariés , 39 000 sont des emplois de la fonction publique

Faute de production marchande suffisante, le niveau de vie  est nettement inférieur au niveau de vie moyen de la France, alors que les collectivités guadeloupéennes ont les mêmes contraintes que celles de France

 Le  Produit Intérieur Brut ( PIB) était de 21 005 euros par habitant, alors que celui de la France était de 33 400 euros pour la même période. Inférieur de 37, 1. ( Source INSEE- 2017)

Les importations ( achat de marchandises) ont explosé ces 10 dernières années, passant de 1, 9 milliard en 2009 à  2, 9 milliards  en 2018, soit une augmentation d’1 milliard en 10 ans

Le faible niveau de vie de la population ( 49% des habitants vivent avec moins de 800 euros et 20%  avec moins 670 euros par mois. Source INSEE 2017).

Pour faire face à cette situation l’ETAT au lieu de porter l’effort sur le développement des activités de production, a  encouragé et  accompagné un système basé uniquement sur l’import et les impôts indirects. 

Ce sont surtout ces impôts indirects qui financent les collectivités guadeloupéennes.

Les trois plus importants sont : l’octroi de mer et l’octroi de mer régional, basés sur la taxation des produits importés,  la Taxe Spéciale sur les Carburants, basée sur la taxation des carburants qui financent la Région, le département et les communes. Et enfin la taxe sur le tabac qui finance le Département.

A titre d’exemple, l’octroi  de mer rapportait 135 millions d’euros en 2004, quinze après les octrois de mer : OM, OMR) ont rapporté 280 millions ( 200 millions pour les communes et 80 millions pour la région.

Et comme, si  cela ne suffisait pas,  l’Union Européenne nous oblige à taxer la production guadeloupéenne, en créant un octroi de mer interne,  à partir d’un seuil de 300 000 euros de chiffre d’affaires. Ce qui rend nos productions encore moins compétitives. 

Là encore nos élus n’osent rien dire ! Et pour cause…

En réalité, l’existence  de ces taxes et plutôt l’augmentation exponentielle des recettes  de ces taxes assurent  la survie des  collectivités et aussi le train de vie tapageur des élus.

En résumé, plus nous achetons de marchandises à l’étranger, mieux se portent les finances des communes et de la Région. Plus nous nous achetons de voitures et que nous consommons de l’essence, mieux se portent les finances de la Région, du Département et des Communes. Pus nous fumons, mieux se portent les finances du Département

Cercle vicieux qui peut conduire la Guadeloupe à un point de non retour, avec la disparition de toutes activités de production dans l’agriculture,  l’artisanat et l’industrie.

La solution ne peut venir que d’une production guadeloupéenne qui serait protégée.

Avec la distribution de terre aux jeunes agriculteurs, la mise à la disposition de locaux pour les artisans, , la suppression de toutes charges fiscales pendant 5 ans et ensuite une augmentation progressive dans le temps etc..

Mais d’abord,  il faut mettre un terme au libre-échange. La Guadeloupe ne pourra jamais faire jeu égal avec  les Chinois, les Costaricains, les Péruviens,  les Vietnamiens, ou même les paysans bretons..

Oui, c’est une Révolution ! Mais c’est la révolution ou la mort !

Alain  PLAISIR

Président du CIPPA

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