L’un des éléments qui détermine les prix, c’est le  décalage entre l’offre et la demande. C’est  en effet la concurrence qui détermine le prix d’une marchandise.

La concurrence est triple :

Elle se fait d’abord entre vendeurs. Quand il y a plusieurs vendeurs, celui qui vend meilleur marché, à qualité égale, est sûr d’éliminer les autres et de s’assurer le plus gros débit.

Mais il y a aussi une concurrence entre acheteurs qui fait monter le prix des marchandises offertes.

 

Enfin, il existe aussi une concurrence entre acheteurs et vendeurs; les uns voulant acheter le meilleur marché possible, les autres voulant vendre le plus cher possible. Quand il y a pénurie de matières premières, l’offre diminue, alors que la demande reste toujours la même. Si l’offre d’une marchandise est plus faible que la demande de cette marchandise, il n’y a pas du tout ou très peu de concurrence parmi les vendeurs. La concurrence entre les acheteurs croit dans la proportion même ou diminue cette concurrence. Résultat : une hausse plus ou moins importante des prix des marchandises. Cela a été le cas en 2007, le blé a  augmenté de 130%. Le Blé est consommé partout, mais sa production à destination du marché mondial est l’apanage d’une poignée de pays : les Etats-Unis, l’union européenne, l’Australie, le Canada et l’Argentine.

L’offre globale de riz,  420 millions de tonnes est passée en dessous de la demande 430 millions. Les stocks mondiaux sont actuellement au plus bas.

Avec l’augmentation de la population mondiale mais aussi l’élévation du niveau de vie dans les pays émergents, la demande devient plus importante. Ainsi les chinois consomment 5 fois plus de viande en 2005 qu’en 1980. Or, il faut 3 kg de grains pour produire 1kg de volaille, et plus du double pour 1kg de bœuf.

En France les céréaliers ont doublé leur revenus, à l’autre bout de la chaine, la colère gronde, des émeutes de la faim ont eu lieu au Sénégal, au Maroc, en Mauritanie, en Haïti et même en Italie.

Actuellement 33 pays dans le monde sont en proie aux troubles sociaux.

Dans beaucoup de pays du sud, mais également en Guadeloupe, les meilleures terres sont réservées aux cultures d’exportation, (banane, canne et melon e, Guadeloupe).

Un monde fou : on peut produire plus pour satisfaire la consommation. Mais  un autre choix est fait. Aux Etats-Unis (maïs), au Brésil (canne à sucre) pour produire des bio carburants, et pourquoi pas en Guadeloupe (banane), les capitalistes ne préoccupent pas de nourrir la population mondiale, ils sont surtout guidés par la soif du profit.

Cette analyse théorique montre que la fixation des prix répond à des critères très objectifs.

Ainsi,  parce que la concurrence est très forte en France, les prix augmentent en moyenne nettement moins qu’en Guadeloupe. En période de crise, on assiste même dans ce pays à une baisse des revenus et des prix, cela s’appelle la récession.

C’est à partir de ce principe de l’offre et de la demande et donc de la régulation des prix par la concurrence que les libéraux justifient  et prônent  la liberté des prix.

Mais ce principe de la liberté des prix, qui répond à une certaine logique en France, a des conséquences catastrophiques en Guadeloupe où il n’existe pas de réelle concurrence. En plus, l’acheteur Guadeloupéen n’hésite pas à dépenser des sommes folles pour posséder certains biens de consommation de prestige (grosses voitures, champagne…).

Pour baisser les prix en Guadeloupe, il existe quatre solutions :

  • Augmenter l’offre de produits alimentaires par le développement d’une agriculture de production de denrées alimentaires destinées au marché intérieur.
  • Réglementer et contrôler le prix des produits alimentaires importés par l’application de l’article 410-2 du code du commerce. Cet article prévoit que dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée en raison soit de situations de monopole ou de difficultés durables d’approvisionnement, soit de dispositions législatives ou réglementaires, un décret en Conseil d’Etat peut réglementer les prix après consultation de l’Autorité de la concurrence.
  • Appliquer une fiscalité indirecte juste à l’importation (0 taxe sur les produits alimentaires de base)
  • Encourager les consommateurs à avoir un comportement plus responsable.

Il est évident que la mise en œuvre de ces nouveaux moyens ne peut se faire aisément dans un système libéral. En effet, le statut de région européenne de la Guadeloupe et son intégration à la logique du libre-échange et de la libre confrontation des coûts comparatifs, ne permettent pas de remplir la première condition.

Quant à la mise en œuvre de l’article 410-2 du code du commerce, elle dépend du bon vouloir des Autorités françaises (dont on connait la réticence à contrarier les capitalistes).

 

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