logo-neuf.jpg

Monsieur Victorin Lurel ex-ministre des outre mers vient d’être remplacé par Madame George Pau-Laugevin. Il va se consacrer maintenant, dit-il, à son « petit pays ». Contrairement à ce qu’affirment ses supporters, son bilan est loin d’être satisfaisant. Qu’on en juge ! Sur le dossier des carburants, le décret Lurel n° 2013-1314 du 27 décembre 2013, après avoir été la cause de la mobilisation des gérants de stations services et de la paralysie de la Guadeloupe pendant une semaine, n’a abouti qu’à une baisse de 3 centimes sur le litre de carburant. Baisse de courte durée puisqu’un mois après, une augmentation de 2 centimes par litre avait ramené la baisse à un centime. Toute cette agitation pour rien ! Pourtant, sans faire autant de bruit, il aurait suffit que ses amis du conseil régional de la Guadeloupe harmonisent le montant de la taxe sur les carburants (TSC) sur celui de la Martinique pour que le litre du super baisse de 2,8 centimes et le litre de gazole de 5,9 centimes.

Toujours sur le front de la vie chère. En dépit du décret 2012-1459 du 26 décembre 2012 relatif aux accords annuels de modération des prix des produits de grande consommation, tout le monde peut constater que la vie reste toujours aussi chère en Guadeloupe. La grande distribution a bien voulu baisser de quelques centimes les prix sur une liste limitée de produits (100… dont les boudoirs), en gardant des marges toujours aussi exorbitantes sur plusieurs milliers d’autres. (Plus de 60% de marge, d’après l’autorité de la concurrence, sur certains produits de 1ere nécessité) Là encore, d’autres solutions existent, notamment l’application de l’article L 410-2 du Code du commerce qui permet de réglementer le prix des produits de 1ere nécessité. « Toutefois, dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée en raison soit de situations de monopole ou de difficultés durables d’approvisionnement, soit de dispositions législatives ou réglementaires, un décret en Conseil d’Etat peut réglementer les prix après consultation de l’Autorité de la concurrence ». Pour cela il aurait fallu s’attaquer à l’un des principes sacrés du libéralisme : la liberté des prix. Ce que n’a pas osé faire notre ministre.

Sur le dossier de l’octroi de mer, une nouvelle loi sera votée cette année en remplacement de la loi de 2 juillet 2004. Les autorités prévoient de revoir le traitement des petites entreprises vis-à-vis de l’octroi de mer. Actuellement, seules les entreprises de production qui réalisent un chiffre d’affaires de production égal ou supérieur à 550 000 euros par an sont redevables de l’octroi de mer interne, même si elles peuvent en être exonérées. Lors du rapport d’information présenté le 29 janvier 2013, à l’Assemblée Nationale, il a été proposé de revoir ce seuil à la baisse et d’établir une obligation déclarative à partir de 85 000 € et un assujettissement effectif à l’impôt à partir de 300 000 €. Ainsi beaucoup plus de producteurs Guadeloupéens risquent de payer l’octroi de mer, ce qui affectera alors leur compétitivité et alimentera la cherté de la vie. Monsieur Lurel approuve cette orientation qui, si elle était adoptée, serait mortelle pour de nombreux producteurs. Il va même plus loin, puisqu’il propose que les services soient redevables de l’octroi de mer. Vive la lutte contre la vie chère ! Peu lui importe ! Les recettes des collectivités vont augmenter sur le cadavre des entreprises de production et sur l’augmentation du chômage.

Le président du CIPPA
Alain Plaisir

Laisser un commentaire